Blog :: Jean Simoneau

Le jeune espion 39 (roman,suite)

      Au début de janvier, tout vie était au ralenti, sauf sous-terre.  Dans la mine, les jeunes hommes creusaient plus que jamais.  Même si la fatigue était intenable, les jeunes mineurs semblaient satisfaits de leur sort.  Ils savaient rire et se jouer des tours.
       Un seul ligige fut soulevé dans les rapports écrits de Jean-François à M. Dubois : les mineurs se plaignaient qu'il n'y avait pas de chauffage dans le corridor entre la salle des douches et la salle de deshabillage.  Ils prétendirent que cet espace frigorifique pouvait les rendre malades puisqu'ils devaient s' y promener nus.
        Jean-François fut chargé d'étudier la situation et d'y trouver , avec l'aide de Dagenais et des mineurs, le moyen approprié d'y remédier.  La solution fut plus difficile à trouver que prévu ... question d'eau et d'électricité ... Jean-François dut expérimenter trois ou quatre idées avant que l'on trouve le remède.  Ces exercices étaient loin de lui déplaire, car il pouvait ainsi, sans éveiller les soupçons  et les sarcasmes , voir tous ces beaux corps de jeunes hommes dans la vingtaine nus défiler devant lui.  Ces derniers étaient nullement indisposés par sa présence puisqu'ils en avaient l'habitude.  Même qu'en l'absence de filles à la mine,  se baigner nus, derrière les arbres, non loin du quai, était accepté.  Ce qui changea avec l'arrivée des institutrices.
       Ce simple travail de routine rehaussa le prestige de Jean-François auprès des mineurs puisqu'il avait solutionné en quelques semaines un problème qui existait depuis le début de la mine.  On le surnomma « L'efficace" pour marquer la vitesse avec laquelle il avait procédé.
       La vue de tous ces jeunes corps nus qui défilaient devant lui rappela son exaltation pour Maurice à qui il fit parvenir de l'argent pour qu'il vienne le rencontrer à Princetown. Profitant de ce nouveau prestige, il obtint la permission de se rendre quelques jours à Princetown.  Les Dubois savaient que Jean-François était maintenant assez solide pour se défendre et ne pas s'en laisser imposer , malgré son très jeune âge. 
        Quel plaisir que de retrouver Maurice ! Jean-François s'était apporté pas mal d'argent pour faire la fête, espérant partager les fruits de ses économies avec Maurice. 
          En sa présence, Jean-François était un véritable esclave.  Tous les moindres désirs de Maurice étaient des ordres.  Jean-François tentait du mieux qu'il pouvait de satisfaire tous ses caprices.  Et, Maurice en profitait.  Par contre, dès qu'ils étaient avec d'autres garçons de leur âge, Maurice agissait comme si Jean-François n'existait pas ou, encore pire, il se moquait de lui parce qu'il ne connaissait pas l'anglais.
        Le désaccord fut total quand Maurice voutut se faire acheter de la boisson.  Malgré l'attrait irrésistible de Maurice, il était devenu évident que la différence des valeurs ne leur permettrait jamais d'être sur la même longueur d'onde.  Jean-François comprit vite que la beauté ne suffit pas pour entretenir la flamme du désir et que rien est pire que de se sentir exploité.  Il était profondément déçu de cette première expérience amoureuse.  Immédiatement après le souper, il embarqua dans le train pour le Petit Lac où il trouva quelqu'un pour le conduire à la Maria.
       Jean-François se promit de ne jamais plus dépenser son argent pour en quelque sorte acheter l'amitié de l'autre.  Qu'il fut même Éros en personne.
          La leçon était cruelle, mais efficace..
                              Chapitre 4
                             L'éclatement
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      jean simoneau 2010 

 
 

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