Blog :: Jean Simoneau

Québec = Kosovo
           Grâce à la reine, on est encore une colonie !
                         Comme le Kosovo
     Je ne savais pas qu'il fallait être parmi les martyrs canadiens pour avoir droit à notre indépendance. Je pensais qu'il suffisait d'être une colonie qui décide de devenir autonome, le plus pacifiquement possible.  
       Que les fédérastes aiment ça ou pas, c'est exactement ce que nous sommes : une colonie d'Angleterre.
     Faut-il essentiellement devoir créer une guerre civile pour avoir droit à devenir un pays ? En quoi la lutte pour notre autonomie actuelle est-elle différente du combat des patriotes de 1838 ? L'Angleterre ne nous a-t-elle pas fusionnés de force, en nous obligeant de payer la dette de l'Ontario ? Le colonialisme canadien est un fait historique. Octobre 70 le prouve.
      Ce n'est pas parce que le grand PET a signé le retour de la Constitution et ajouté une Charte des droits que nous ne sommes pas, dans les faits, une nation colonisée. Effectivement, l'armée canadienne est encore sous le commandement de la Gouverneur générale, Mme Michaël Jean, représentante en titre de la reine d'Angleterre. Pour une fois, je suis content que le Canada soit dominé par la reine ! Ça prouve notre lien de colon.
      D'autre part, sur un plan économique, le Canada anglais a toujours vu à ses intérêts, oubliant le Québec. La centralisation fédéraste va à l'encontre des intérêts du Québec. L'histoire est encore là pour le prouver. D'ailleurs, la Cour Suprême a reconnu l'obligation pour le Canada de négocier avec le Québec, advenant un résultat positif à un référendum sur l'indépendance du Québec. Le refus d'Ottawa démontre seulement sa mauvaise foi.
       Pire, l'anglicisation galopante de Montréal prouve que sans l'indépendance nous assistons au génocide culturel des Québécois francophones. Voulons-nous exister ? Pourquoi acceptons-nous que le fédéral ne respecte pas notre gouvernement, sous prétexte que nous sommes qu'une province comme les autres. C'est pourquoi nous voulons le plus vite possible devenir un pays comme les autres.
Un sourire d'enfer18

     Lors d'une visite à Québec, j'ai appris que Mme Gosselin avait juste quelques mois à vivre.  Elle était atteinte du cancer.
     Mme Gosselin m'appris la nouvelle avec tant de douceur que j'ai cru qu'il s'agissait d'une farce.  L'humour était chez elle un trait de caractère qu'elle employait parfois pour nous sonder ou pour nous faire confronter les réalités de la vie.  Je ne l'ai pas crue. Cela me semblait beaucoup trop injuste.  Elle était trop bonne pour mourir aussi jeune.  Maintenant qu'elle était heureuse, elle mourait.
      Je n'ai rien retenu de cette nouvelle qui me semblait invraisemblable puisque Mme Gosselin semblait encore en pleine santé, malgré sa dernière opération.
     Mes amours refirent vite surface.
     Réjean me témoignait de plus en plus d'indifférence.  Je ne savais plus comment l'atteindre.  C'était un dard en flammes à chaque apparition. Il essayait de me rendre jaloux de plus en plus.
    J'ai décidé d'espacer mes visites.  Peut-être ainsi s'occupera-t-il plus de moi ? 
     Je m'interrogeais sur l'amour.  Aimer son prochain, est-ce se battre comme journaliste pour le bien de la région ?  Est-ce plutôt s'attacher à un individu en particulier ?  Est-ce manquer de charité que de combattre les politiciens qui nous semblent malhonnêtes ?
    Ma conception du christianisme avait émergé avec ma première visite en prison.  J'étais devenu plus croyant, mais aussi plus conscient que ce que l'on nous demandait était carrément contre notre nature propre.  Il faut toujours se vaincre. Pourquoi ?  Ça apporte quoi aux autres ? En quoi la chasteté nous rend-elle meilleur ?
      Je croyais que la plus grande des prières est la joie, connaître Dieu dans tout ce qu'il a de plus beau.  Par conséquent, l'amourajoie (pédérastie) était ma réalisation la plus sublime quand je l'acceptais et que je cherchais à la vivre honnêtement.  Est-ce erroné ?  Qu'est-ce que la vie ?  Pourquoi un Dieu qui se dit amour laisse-t-il souffrir et mourir autant de monde ?
      Ma grande peur était, commeje l'entendais partout, de blesser, de nuire au garçon que j'aimais.  J'étais à ce sujet extrêmement scrupuleux.  Je croyais possible que les petits soient sans défense et facilement brisable,  comme on le prétendait, même si toutes mes aventures me prouvaient le contraire. 
        J'ai pris des années à découvrir que les adultes perçoivent la réalité sexuelle des jeunes à travers leur propre peur, née de leur éducation.  En imposant leur morale, il se fouttent de briser la curiosité sensitive des jeunes.  Une curiosité toute normale, tout aussi essentielle pour garder une attitude positive devant la vie.  Ils leur apprennent à haïr leur corps comme ils le font pour eux-mêmes.  Pourquoi plus de femmes souffrent de névrose que d'hommes , sinon parce que la perception du corps de la femme est dans notre éducation la fin, la tentation sexuelle de tout individu ? Qu'elles doivent répondre à tous les critères inventés par une société de mâles et que l'Église les condamne, ce qui les place dans un perpétuel état d'infériorité par rapport à l'homme.  Ainsi, plus de femmes ne savent pas vivre dans la joie le fait d'avoir un corps.  Comment accepter que la société continue à entretenir une telle imbécité ?   
      Je ne pouvais pas nuire à Réjean en l'aimant, en lui prouvant l'intérêt que je lui portais.  Comment peux-tu nuire à un être si tu l'adores ?  La perception des vibrations entre les humains, ça existe.  Puisque Réjean s'éloignait de moi et que je respectais finalement sa volonté, je ne pouvais pour mon bien et le sien qu'espérer revivre avec un autre ce que je venais de vivre avec lui.  J'étais encore trop trop attentif à ce qu'en disaient les autres pour me sentir complètement déculpabilisé. 
      D'autre part, Clara m'attirait de plus en plus.  Nos passions étaient parfoisd éblouissantes.
       Clara partageait ma ferveur grandissante pour la cause du peuple, mon besoin de révolution dans le sens d'un changement profond.   Elle réussit ce que je n'aurais jamais cru possible : me faire oublier qu'elle est une femme.
      Clara m'entraînait dans la poésie.  Nous étions heureux.  J'aimais cette ambiguïté sécuritaire, même si c'était de bien moindre importance que mon besoin d'authenticité.   Comment un amourajeux peut-il aimer vraiment une femme ?  Un amourajeux est nécessairement et uniquement gai .  Aussi, comment ne pas sertir la joie des autres qui t'estiment maintenant sur la "voie de la guérison" ?  J'étais encore assez niaiseux pour croire qu'il est mal d'être amourajeux, de croire qu'un pédéraste est anormal.
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Un sourire d'enfer 17
     Cette époque fut très importante à bien des points de vue.  J'apprenais qu'il est possible d'avoir des amis, même si toute ton âme est dirigée vers les petits gars.  Mes relations étaient franches et ne souffraient pas l'hypocrisie vomie dans l'Homo-vicièr.  Tout était poésie, peinture, musique  Un fleuve d'énergies vitales : amour , rire, beauté. 
      Les femmes-mères me faisaient confiance parce qu'en sachant mon orientation sexuelle , elles pouvaient mieux s'assurer que leurs petits étaient bien en ma compagnie.  Elles leur faisaient confiance puisque ta sexualité n'appartient qu'à toi.  Ainsi,  savoir que je suis amourajeux permettait de parler franchement de ce qui se passait entre moi et jes jeunes.  Elles pouvaient en parler franchement avec leurs fistonss sans déclencher de drame.  Elles pouvaient leur faire part de leur morale, tout en les laissant libres de juger par eux-mêmes. C'était beaucoup mieux ainsi. La vérité est préférable au silence de la censure.
      Personnen ne paniquait ou ne paranoïait à cause de ma réalité. Elles me disaient franchement ne pas partager mon point de vue, mais qu'elles le savaient, ce qui leur permettait d'avoir la vérité sut tout ce qui se passait en discutant avec leurs fils.
    Puis, j'ai connu la marijuana. Fumer était presqu'un rite sacré.
    J'adorais cette nouvelle dimension.  Ce miroir qui révèle un aspect de la vie qui demeure inconnu sans cet artifice .  Petit à petit, le pot devint un instrument pour mieux saisir la musicalité de la poésie, la richesses des structures et des images.
       La mari eut des retombées d'abord très positives. Elle transforma, grâce aux contacts de meilleurs poètes que moi, toute ma perception poétique.  Gelé, j'étais méditatif ou rieur.
       Contrairement à ce que m'avait dit mon psychiatre, je n'ai jamais cherché à dépasser le stade de hashish.  J'avais peur.  Je me trouvais assez fou pour ne pas risquer de le devenir plus.  Trop fumer me rendait encore plus paranoïaque.  Je ne voulais pas me brûtler le cerveau comme des milliers de jeunes l'ont fait depuis.
                                        Chapitre 2
         Au Québec, pour réussir, il fallait être malhonnête.

          Au début de l'année 1970, tout était centré sur Réjean.  j'aurais voulu que notre amitié soit rétablie comme au début dans toute sa pureté et sa force.
       Réjean ne semblait pas partager cet avis.  Quand je le visitais, il faisait tout ce qui est inimaginable pour attiser ma jalousie. Il prenait un vilain plaisir à jouer au billard avec un nouveau pensionnaire et agisssait comme s'il était très large d'esprit.   Il profitait de mes scrupules pour me montrer que j'étais plus niaiseux que son nouvel ami. Sa démarche semblait dire : il n'est pas qu'un tas de scrupules, lui.
       Les jeunes savent très vite comment manipuler l'adulte qui tombe en amour avec eux.  Ils savent qu'ils ont tous les pouvoirs. Pour la première fois de ma vie, j'ai été confronté à une réalité difficile à croire , mais bien réelle : les jeunes en connaissent plus sur la sexualité que nous voulons bien le croire, car aujourd'hui, même avec la censure, ils ont des moyens de s'informer et apprendre ce qu'ils veulent savoir.  Ils savent instinctivement comment exploiter les sentiments.  Il leur suffit de jouer aux innocents devant leurs parents.
       Réjean, c'était le corps, le centre, la réalité. Je l'adorais comme je le disas dans Re-jean.  Réjean, c'était la raison pour laquelle la vie me semblait précieuse et digne de combat.  Réjean, c'était mon espoir incarné.  Il était l'énergie qui me poussait à la poésie, mon voeu de voir un jour les hommes comprendre que ce lien est plus important que tout autre idéal... L'amour à l'état vierge, un lien plus important que toute autre idéal... L'amour à l'état vierge. Certainement pas chaste, mais pur.
     Réjean était une vision du monde qui se dessinait, s'expliquait par les autres éléments de la vie.
     Mon travail me forçait à prendre conscience d'une autre réalité, moins angélique celle-là, la plupart des gens sont exploités, prisonniers d'une structure qui nous condamne à lutter entre nous, les uns contre les autres, comme dans une jungle.
       Heureusement, Vauxcouleurs (Estrie) est une des plus belle régions que j'ai connues et mon travail me forçait à la visiter, à apprendre que la terre est parsemée de petit Réjean.  La Tribune de Sherbrooke m'avait affecté à la couverture des événements régionaux, c'est-à-dire tout ce qui se passe en dehors de Sherbrooke.  Elle avait mis une auto à ma disposition pour me déplacer dans la région.
       La nature et une certaine liberté dans mon travail commençait à me permettre de rêver à un monde dans lequel le bonheur, la sincérité, la franchise étaient des éléments de base.  J'étais aussi naïf que les douze ans de Réjean.  Émotivement, j'étais probablement un peu déséquilibré , car j'étais trop extrêmiste.
      Il me semblait impossible qu'il puise exister des gens pour qui la forture, la gloire, le pouvoir, l'argent puissent être plus importants que la vie, la vie humaine, en partculier.  Sans le savoir, j'étais profondément chrétien, malgé mon amourajoie. C'était normal avec l'enfance que j'avais vécue.
       Je rêvais et j'apprenais petit à petit que ce monde idéal n'existe que dans ma tête.
      Puis, comme l'avait prédit Gaston Gouin, il se mit à faire mauvais sur tout ce territoire.

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Un sourire d'enfer16
    La publication de Re-jean fut bien accueillie partout au début.  On ignorait que c'était une lettre d'amour pour un petit gars.  Toutes les copies furent vendues et le texte a même servi dans quelques classes de littérature de la région. Mais, j'ai dû quitter bientôt les Auteurs réunis .  Presque personne n'avait pris connaissance du contenu, faisant confiance à Jean-Pierre Labbé qui était au centre des publications.  Alors quand on le découvrit on ne tarda pas à vouloir ma peau...
      Comment expliquer aux autorités du petit séminaire qu'un texte amourajeux ait été retenu, aussi poétique fut-il ?  Mais, il fallait l'avoir lu attentivement pour déceler cete réalité amourajeuse.  Il n'y avait qu'une solution  : se dissocier immédiatement de la racine de ce scandale, c'est -à-dire moi.  Et, c'est ainsi, que de loin, j'ai peut-être hanté les dortoirs et les toilettes du petit séminaire alors que de belles brebis, songeant à autant de tendresse et d'amour, branlaient l'arbre à la racine pour y laisser se perdre la semence pour laquelle j'aurais bien sacrifé une partie de ma vie.
      Je n'étais pas du genre à me désespérer.  Avec d'autres membres et poètes, j'ai commencé à mettre sur pied des soirées de poésie au parc Jacques Cartier. 
      Plus tard nous rendions dans les villes de la région donner des récitals de poésie.  Avais-je espoir qu'un jour ces poèmes me permettent de vivre une aventure avec un des petits auditeurs ?  Sûrement.  Par ailleurs, ceux qui venaient nous écouter étaient tous des adultes, aimant la littérature.
       Re-jean m'apporta une lueur d'espoir.  Peu de critiques furent négatives, certaines étaient même fortement encourageantes.  J'étais selon un docteur en lettres à l'université de Washington,que m'avais présenté Antoine Naaman,  le premier écrivain depuis Rimbaud chez qui elle trouvait autant de souffle.  Pour sa part, Roger Peyrefite que j'admirais pour Les amitiés particulières   , me félicita, tout en me faisant savoir qu'il avait des correspondants à Sherbrooke. 
      À cette période poétique de ma vie, je fis connaissance avec Réginald Dupuis, un peintre qui pour gagner sa croûte travaillait dans la décoration intérieure.  Réginald était un pur hétérosexuel, nullement intéressé à changer de gibier.  Il devint mon meilleur ami.
       À chaque fin de semaine, je me rendais dans sa famille ( qui habitait juste au-dessus de chez ma tante où je logeais) où nous avions des discussions sur toutes sortes de sujets. La poésie était à l'honneur et nous faisions ensembe de la peinture.  Son épouse Denise était non seulement très gentille, mais elle était très intelligente.  Elle avait une noblesse d''ame que j'admirais beaucoup.
      Réginald devait souvent parler de moi puisqu'un jour il m'apprit qu'une poétesse voulait faire ma connaissance.  Fort de mes mésaventures, j'étais quelque peu misogyne.  Cette rencontre retarda jusqu'à ce qu'elle s'impose d'elle-même.
      À mon arrivée, j'ai été ébloui par la beauté de cettte femme, sa jeunesse et son ouverture d'esprit.  Elle avait un air égyptien, exotique.  La conversation porta évidemment sur mes écrits, mon amourajoie (pédérastie).  Elle faisait preuve d'une très grande érudition.  Elle m'arracha un aveu : " Réginald m'avait vanté son intelligence, mais il m'avait caché sa beauté.  Je l'ai regardé du même oeil, par celui que je vois un petit gars, c'est-à-dire la fascination..
      L'amitié souda les deux groupes. Réginald, Denise et leurs filles ainsi que le garçon de mon égyptienne.
      Cette rencontre cristallisa toutes mes émotions autour de la poésie, de sa signification, et petit à petit, je devins moins sauvage avec la belle  qui se découvrait aussi folle que moi dans sa recherche de la beauté, de la jeunesse et de la joie. 
       Ensemble, nous étions comme deux enfants, deux amants de la nature.  Nous vivions des moments de joie si intenses que j'en oublai ma misogynie.  Alors que je récitais publiquement mon adoration pour les petits gars, je vivais une aventure presque sublime avec une femme.  Je venais pourtant quelques temps auparavant de m'attaquer aux femmes dans un de mes poèmes.  Quel changement !   Nous avions ensemble la passion poétique et Réginald nous introduisait lentement à l'amour des couleurs, de la peinture. Tout était art dans notre vie.  J'étais tellement souvent chez Réginald que je me suis souvent demandé si je n'abusais pas.
    La vie de groupe s'élargit à d'autres poètes et peintres des deux sexes, un véritable petit cénacle.   On parlait de plus en plus d'école littéraire de Sherbrooke.  Notre réputation atteignait même Montréal.  Ma petite amie m'apprivoisait petit à petit, acceptant de temps en temps, je crois, de me faire commenter la beauté d'un gamin.
        Au fond, elle aurait bien voulu me guérir de ce qui lui semblait
" ma maladie".  Tout au moins aurait-elle aimé que je puisse écrire un jour pour une femme, une aussi belle lettre d'amour que celle que je venais de publier pour Réjean.  Même si son fils était en âge de m'intéresser, j'aurais cru tricher que de lui faire les moindres propositions.  Je me contentais de l'admirer.
      Mes aventures sexueles se contentaient pourtant de regarder parfois à l'improviste la nudité d'un garçon quand il prenait son bain devant moi.  Cela n'était pas nouveau puisque dans mon travail, mes ébats sexuels, mes désirs n'ont jamais  influencé mes écrits dans le journal.  Je prévenais ceux avec qui je travaillais de mes "vrais attraits pour les garçons" afin de m'assurer que jamais il ne soit possible de m'accuser d'avoir trahi leur confiance.  Un échec dans la maîtrise de la petite nature était toujours possible... Un souci d'honnêteté que l'on me reprocha très souvent.  Pensant que c'était de la provocation alors que c'était simplement un désir de respect pour les gens qui ne partageaient pas ma perception de la morale sexuelle... C'est très rare d'ailleurs...
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Un sourire d'enfer15

     La décision du gouvernement fédéral quant à l'aéroport international est ce qui venait compléter les raisons pour être à jamais séparatiste. 
       C'était évident que les désisions se prennent toujours en fonction des intérêts du Canada anglais.  D'ailleurs, si on lit l'histoire du Québec, on s'aperçoit que si notre peuple a toujours été vaillant, il a toujours eu une bande de putains pour nous empêcher de s'émanciper. Des politiciens qui se prétendent les voix du peuple, des menteurs prédicateurs des intérêts anglophones plutôt que ce celui du vrai peuple francophone. 
     La décision fédéraste était prise par Trudeau et Marchand.  Ils savaient que c'était contraire aux besoins du Québec, mais ils s'en fichaient.  Je les ai classés , Trudeau, Marchanfd et cie, des vendus.  Au lieu de s'améliorer, leurs pareils ont toujours été juste un peu plus dégueulasses, comme les Lalonde et Jean Chrétien.
      Le Québec vivaient des moments difficiles, ce projet aurait transformé le visage économique du Québec.  Ils nous auraient donné une raison d'espérer... mais non, Toronto avait le dernier mot.  Quand le fédéral a ordonné une étude, c'était juste pour justifier le choix qui avait déjà était fait : Ste-Scholastique.  Smiley Pépin ,qui était ministre fédéral à Drummondville,  ne savait même pas l'impact qu'avait ce projet sur sa région.  Ce qui prouve bien que ce n'est pas d'avoir des ministres dans un cabinet qui change quoi que ce soit pour une région.  Même le projet de St-Jean-sur Richelieu ne fut pas retenu.
         C'était évident pour moi qu'éconiquement le Canada ne s'arrête même pas une seconde aux besoins du Québec.  La vache à lait de la fédération.  La crème qui permet au Canada d'avoir un tel train de vie... Furieux, n'est pas le mot... et dire qu'aujourd'hui, on est assez fou pour appeler Dorval, l'aéroport Trudeau. Quelle bande de masochistes ! Une trahison de l'histoire...
      Pour oublier un peu mon désarroi, je me suis remis à l'écriture.  J'ai recommencé à crier dans mes poèmes mon amour pour les petits gars.  La fascination qu'exerce leur corps sur moi et mon désir de vivre pour eux et d'eux seulement.
      Vauxcouleurs, c'était eux.
       Toute la passion que j'avais pour Réjean se fondait dans cet amour impersonnel que représente le combat pour l'amélioration de la situation socio-économique des gens.  Vauxcouleurs, c'était Réjean en désir...
      Bizarrement, la décision fédérale quant à Mirabel a coïncidé avec les premiers refroidissements entre moi et Réjean.
      Après une année, Réjean tournait les yeux vers un autre. Cette situation m'asphyxiait la vie.  Pour lui dire, j'ai écrit une longue lettre d'amour que les Auteurs Réunis décidèrent de publier. Ce fut Re-jean, un  petit récit.  Je remis cette longue lettre d'amour au Réjean concerné sous forme de livre , le livre était encore la seule forme de cri que je pouvais lui adresser.  Pourtant, ma poésie était rejetée partout.
         Quand Réjean lut mon récit, il se contenta d'y critiquer ma dernère phrase dans laquelle je disais :  « Petit prince, je t'adore». Il était visiblemnent fier d'avoir été la muse de ce texte écrit pour lui spécifiquement, mais il était aussi tellement religieux qu'il ne pouvait pas accepter mon cri d'amour.
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Gaston Gouin était le seul à trouver une certaine originalité à mes poèmes.  J'étais refusé partout.  Aussi , quand Gouin organisa sa nuit de poésie au cégep de Sherbrooke, il ne manqua pas de m'inviter.  Je faisais face à un public pour la première fois.  J'étais convaincu d'être mal reçu puisque je terminais mon récital en proclamant de toute évidence et sans cachette, mon amourajoie (pédérastie).
                          Pourquoi pas toi ?
Si tu le veux dès demain
tous les deux nous irons
au banquet chez Satan
des amants favoris du feu.

Je boirai sur et par ton corps
le sang blanc de ta jeunesse
dans le mot ,  j'imortaliserai ce rite.

Abandonne-moi tes lèvres
laisse sur ton corps sous ma main
t'introduire à l'extase.

Ne dit pas non trop vite
le bonheur est le plaisir
le plaisir serait
mes mains, mes lèvres
sur ta courte verge.

Ma poésie se cueille 
sur les lèvres d'un garçon.   


         L'assistance sidérée écouta en silence parfait.  Elle était tout à fait muette, ce qui me faisait de plus en plus peur, jusqu'à ce que j'entende un petit groupe qui hurlait :  Bravo.
       Cette soirée et la publication de Re-jean m'embarquaient de plein pied dans la vie littéraire de la région. 
        À cette époque, j'étais encore boudé par le groupe de Gaétan Dostie qui réclamait une poésie plus substantielle.  Pour nous, les Gaston Gouin, Gaétan Dostie et Jocelyn Fournier étaient les grands maîtres.  Il était naturel qu'ils ne m'accorde pas leur attention.  Il suffisait d'être écouté pour être complètement flatté. 
       Contrairement, à ce que j'avais cru, ce sont les femmes qui accptèrent le mieux mon ouverture et ma sincérité.  Ce qui donna lieu à des discussions à n'en plus finir et des amitiés tout aussi longues.
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Un sourire d'enfer14
    Fort de mon premier succès, à Québec,  j'ai obtenu du journal la permission de me rendre à Ottawa rencontrer les ministres concernés par le projet d'aéroport international.  
     Le président du journal, M. Yvon Dubé, m'avait aupravant demandé à son bureau, voulant  s'assurer que je refuserais un poste dans les six chiffres, si on m'offrait un emploi.
      M. Dubé, est une des personnes que je respecte le plus dans le monde journalistique.  Il a essayé de m'apprendre qu'un bon journaliste cherche toujours à trouver la vérité, à comprendre les deux côtés de la médaille quand il se produit un évènement.  Je ne crois pas dans l'impartialité, car nous sommes tous gérés par notre inconscient qui lui ne ment pas; nous sommes tous animés par des sentiments,  mais la conception de M. Dubé demeure à mon sens le but premier du journalisme : la recherche de la vérité dans le respect de ses lecteurs.
        Je n'étais toujours pas achetable.  Personne ne pouvait en douter. J'aimais trop les Vauxcouleurs (Estrie) pour y préférer mes intérêts personnels.
         J'ai quitté le parlement d'Ottawa avec en poche une promesse d'entrevue avec Trudeau au cours des quelques mois qui suivaient.
         C'est une belle expérience que de représenter un journal sur la Colline parlementaire.  Ça te donne un accès privilégié aux différents ministres.
         Le ministre responsable des transports, M. Hellyer,  refusait toutes les entrevues et s'organisaient pour les rendre impossible. Ce qu'il ne savait pas, j'entretenais une relation avec son secrétaire particulier depuis des mois afin de savoir exactement où en était le projet de l'aréropot international.  Vu son importance celui-ci était devenu l'élément qui me ferait pencher, en faveur ou contre, notre appartenance au Canada. 
        En travaillant sur les problèmes économiques, je me suis vite rendu compte que les intérêts du Québec sont incompatibles avec ceux du Canada.  
           Je rêvais d'un gouvernement régional car j'y voyais là le seul moyen de répondre efficacement à nos problèmes régionaux à cause de l'ignorance d'Ottawa quant à notre existence même.  Ottawa se fiche du Québec...          
      N'avons-nous pas assez d'un gouvernement du Québec  ?  Pourquoi en ajouter un qui contredit les décisions prises par l'Assemblée nationale ?    C'est exactement la même lutte, pour un gouvernement responsable,  qu'ont mené les Patriotes de 1837.
      Je croyais encore cependant que le Canada voulait de nous à l'intérieur de la fédération canadienne. L'aéroport devait être la preuve que le Canada se soucie de nous, car un tel projet mettait fin à la misère de économique dans l'Estrie. C'était plus d'un milliard d'investissements et plus de 100,000 emplois.
      Évidemment, Trudeau et compagnies ont engagé une firme d'ingénieurs pour prétendre que ce projet devait se réaliser à Ste-Scholastique pour des raisons économiques.  Un aréroport qui désuisait les meilleures fermes du Québec .  Ce rapport permettait simplement à Toronto de garder la main haute sur le trafic aérien avec l'Europe. 
         La décision de ne pas choisisr Drummondville : empêcher le Québec de réclamer cet aéroport advenant son indépendance.
      Malgré l'appui des trois quarts des municipalités du Québec au projet de Drummondville, Ottawa annonça son choix : Ste- Scholastique. 
             Cet endroit permettait, parce que les avions passaient au-dessus du Canada, de ne pas devenir un enjeu si l'indépendance se faisait.   Il serait automomatiquement à cause de cet élément, une propriété fédérale alors qu'à Drummondville, l'aéroport devenait propriété du Québec, advenant l'indépendance.
         J'étais furieux.  Je dis à Jean Marchand qu'il était un traitre. Et je refusai l'entrevue personne avec Trudeau en leur disant que je je me tenais pas avec des «guidounes». Évidemment, je fus retiré du dossier. 
         Ce n'était pas une pure coïncidence que toutes les décisions étaient prises à l'encontre des intérêts du Québec.  C'était une réalité historique.  Ottawa est la marionnette de l'Ontario, sa double testicule économique...
         Après le coup des textiles, c'était maintenant celui de l'aréroport international... le Québec ne serait pas le port d'entrée aérien de l'Europe en Amérique parce que Toronto n'acceptait pas le projet de Drummondville. La concurrence était trop forte.
             Ma fascination pour Trudeau se muta en haine d'Ottawa. J'ai alors décidé que dorénavant je serais membre du Parti Québécois.    
      Ma guerre avec La Tribune commença, non seulement parce que j'étais devenu fanatique; mais parce que j'y vis une forme de censure.  On me dit que Bourassa et Marchand demandaient ma tête presqu'à toutes les semaines.  M. Dubé m'a affirmé qu'il n'y a jamais eu de telles pressions politiques à mon endroit, mais que les instances régionales étaient fatiguées de voir l'intérêt que la Tribune portait au projet d'aéroport international.  C'était simplement la survie économique de notre région qui était en jeu... Mais l'appertenance aux libéraux étaient plus importante que le bien de la population.
              Quoiqu'il en soit, je suis depuis absolument indépendantiste.  Chaque jour m'apporte une raion nouvelle de nous séparer du Canada.  
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Un sourire d'enfer13
    Le hasard fit que pendant mes vacances, j'ai été appelé à remplacer un journalsite de Drummondville.  Selon les patrons, j'étais celui qui pouvait s'adapter le plus vite à une telle situation. 
      J'ai poussé là aussi l'idée d'un gouvernement régional.  Et, petit à petit, j'ai connu un projet qui fut la plaque tournante de mon travail : construire un nouvel aéroport international devant remplacer Dorval, à Drummondville. 
    Je me suis fait le propagandiste de ce projet puisque sa réalisation devait entraîner la création d'au moins 100,000 nouveaux emplois dans les Vauxcouleurs (Estrie).  J'ai mis toutes mes énergies , toutes mes capacités à faire valoir le bien fondé de cette solution. 
       J'ai même rédigé un mémoire... plutôt niaiseux.
       Dans mon mémoire, je préconisais de faire de ce projet le symbole de l'unité nationale.  L'argumentation reposait sur des notions de psychologies plutôt mal assimilées.  Je croyais en jouant le trémolo de l'unité nationale donner plus de chance de succès au projet de Drummondville, celui-ci étant du ressort fédéral.
        J'ai profité du Carnaval de Québec auquel P.E. Trudeau devait assister pour lui remettre mon mémoire en main propre.
         Je suis arrivé en retard à l'ouverture, ce qui me priva de mon macaron de journaliste.  En arrivant à l'hôtel de ville, j'ai présenté ma lettre de créance.  Les responsables sans attendre m'ont aussitôt fait passer à la salle de réception.  Ces derniers m'avaient probablement confondu à un invité.  J'avais l'air stupide avec mes bottes sur le beau tapis de l'hôtel de ville.
       Trudeau était là avec une meute de femmes.  J'ai dû attendre que les femmes cessent de lui parler, lui frapper sur l'épaule pour attirer son attention, avant de pouvoir lui remettre mon document.  Trudeau se contenta de me dire en riant : " Vous voulez tout de même pas que je vous lise ça en fin de semaine ?  Est-ce du Platon ? "
      Jean Marchand se trouvait plus loin, je lui ai aussi remis.  Il tâta l'enveloppe et me demanda : " Ce n'est pas une bombe toujours ?"
      Le samedi, je me suis rendu au Patro Roc Amadour poursuivre les entrevues que le journal se hâtait de publier.  Les journalistes me disaient fou;  les patrons disaient que j'avais eu au moins l'audace de m'essayer.
       Infiltré dans le cordon de protection, j'ai réquisitionné les ministres pour avoir mes entrevues.  Ainsi, pour la deuxième fois, je démentais les organisateurs du festival qui avaient insisté sur le fait que je ne pouvais pas approcher le premier ministre à plus de 30 pieds. 
     Le samedi soir, c'était la parade et le bal de la reine du Carnaval.  J'ai convenu avec Réjean de me rendre seul au bal, mais de regarder avec lui la parade.  Je ne voulais pas que Réjean soit pris seul dans une manifestation anti-trudeau, comme cela était annoncé dans les journaux.
       Au Château Frontenac,  j'ai rencontré une femme qui se disait étudiante en journalisme et qui voulait voir Trudeau de près.  Nous nous sommes installés près des marches au bas de l'escalier et quand Trudeau passa, j'y suis allé d'une nouvelle question. Trudeau s'arrêta et répondit à moitié.  Insatisfait, j'ai passé sous le cordon de sécurité, entraînant l'étudiante par la main, et nous sommes allés nous instaler à l'entrée de la salle de bal.  Quand Trudeau y arriva, j'ai repris ma question.  Trudeau s'arrêta, laissa sa reine, s'approcha de moi et me dit : " Ne vous en faites pas, votre mémoire, je le lirai." 
         J'étais fou de joie.  Aussi, j'ai flanqué une claque sur l'épaule du premier ministre avec un éclatant " merci Monsieur Trudeau". C'était le délire.  Les policiers de la Gendarmerie royale se précipitèrent inquiets.  J'ai eu droit à un sermon genre : " T'es complètement fou. Nous aurions pu croire qu'il s'agissait là d'un attentat et te descendre. "  Je m'en fichais,, j'avais réussi.  
            J'avais parfaitement accompli ma mission et comme journaliste j'avais eu beaucoup d'entrevues concernant le projet d'aéroport international à Drummondville.  Il me fallait maintenant me débarrasser de l'étudiante afin d'aller rejoindre Réjean.  Comment lui dire : " mon amant à 12 ans, je l'adore, et je ne veux pas passer cette soirée sans être à ses côtés."  La guerre étant la guerre, j'ai menti, je lui fis croire que Réjean était mon fils et qu'il m'attendait comme convenu. 
        Quelques mois plus tard, un photographe de la Tribune qui avait rencontré cette même étudiante à Québec, m'a demandé combien de petits bâtards j'avais ainsi semé à travers le Québec.  Je n'étais plus complètement le vieux garçon qui ignore à quoi sert cette bébite entre les deux jambes...
          Ces rencontres furtives avec Trudeau m'avaient marqué.  Il m'avait littéralement fasciné.  J'ai continué au télphone de m'occuper du projet à partir de la salle de rédaction à Sherbrooke.  Je me suis ainsi fait des contacts.
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Un sourire d'enfer12
Ce texte fut refusé parce que je n'étais pas assez cochon et trop politisé ... l'histoire de ma vie, quoi !

      Réjean me tentait toujours.  Je m'essayais.  Je manquais mon coup.  Je le regrettais.  Je me contentais de sentir son haleine sur ma joue quand nous luttions ensemble.  Une vapeur qui nourrissait mes rêves.  Nous jouions de longues heures au billard  sur la table que je venais de lui donner en cadeau.  Si ces relations n'étaient pas toujours chastes, elles étaient toujours pures.
     Au journal, tout le monde croyait que j'avais rencontré la femme de ma vie.
      Je brûlais le temps.  Les semaines étaient trop longues.  J'aurais quitté mon emploi pour être à chaque instant près de lui.  Réjean, c'était ma raison de vivre.  Un pan de ciel en enfer.  J'avais le feu aux entrailles et la tête en fête chaque fois qu'il était entendu que je descendais à Québec.  Réjean, c'était pour moi, la beauté à l'état pur.  Le désir volcanique de mes sens étouffés depuis si longtemps.  C'était le sourire, l'allure de serpent.   Réjean, c'était celui qui, à mon arrivée,  préparait sans doute les couvertures puisque celles-ci étaient souvent placées de façon à ce que je puisse y voir une belle petite bosse, juste à la bonne place.  Juste question de nourrir mes tentations.   Réjean, c'était en même temps, celui qui mettait du papier collant à la braguette de son pyjama, juste au cas , où j'aurais pu être tenté de le toucher durant la nuit.   Nous sommes tous des êtres de contradictions intérieures.  Réjean, c'était celui à qui j'aurais acheté une lampe d'aladin.  Réjean, c'était celui pour qui j'allais à la messe chanter  les " je t'aime" des sanctus parce qu'il m'accompagnait et que je pouvais ainsi lui dire mon amour.  Réjean, c'était tout, c'était les métamorphoses ressenties quand j'allais communier petit, celles où le monde devenait sujet d'adoration puisque partie intégrante de Dieu.  Réjean, c'était la vie. L'anxiété, le désir, la fable du bonheur.  J'étais l'amant qui se promenait avec lui, main dans la main, qui l'embrassait malgé la foule, au départ, au terminus.   Réjean, c'était le feu de la St-Jean, la promesse de vivre.  C'était l'échelle de Jacob.   
       Pour ne pas trop souffrir de son absence, je me jetais tête première dans le travail à un point tel que les Vauxcouleurs (Estrie, Cantons de l'Est) devinrent Réjean. 
       J'attachais toutes mes énergies à publier la vérité sur la situation économique peu reluisante.  Chaque semaine, je devenais plus conscient de la situation.  Je cherchais des solutions concrètes.  Tout l'amour que j'avais pour Réjean, je l'orientais dans mon travail, devenu une espèce de mission. 
        La méconnaissance des députés des problèmes régionaux m'exaspéraient.  À mon avis, la seule façon de régler les problèmes exigeait un traitement à l'échelle régionale.  J'en vins à rechercher la création d'un gouvernement régional, pour compenser l'absence des gouvernements provincial et fédéral.  Pour eux, on existait pratiquement pas.
       Ce gouvernement du peuple devait être formé des autorités locales et des mouvements de base, particulièrement, le Conseil de développement..  Il était ainsi plus suceptible de créer une meilleure confiance, un meilleur climat de travail apte à solutionner les problèmes.  Cette solution fut vite écartée par les autorités locales.  Les députés et les maires ne cherchaient qu'à augmenter leur capital politique.  L'esprit de clocher régnait en maître partout.
       La situation empirait de jour en jour.  L'économie régionale était dans l'impasse.  Le chômage et l'assurance sociale montaient en flèche.  Ces problèmes m'auraient certainement laissé indifférent si à chaque endroit où j'étais assigné, il n'y avait pas eu des mères qui pleuraient, des enfants épouvantés devant tant de détresse des adultes, détresse qui leur était incompréhensible.  Je n'étais pas seulement le clairon, mais le miroir de ces petits.  Je souffrais comme les Vauxcouleurs à chaque mauvaise nouvelle .
       Les nouvelles idées étaient plus souvent qu'autrement rejetées .  Tout le monde avait peur du changement. 
       La situation se détériora à un tel degré que j'ai réussi à faire proclamer l'état d'urgence par le président de l'Association des cités et villes, M. Dorilas Gagnon, un des rares maires assez honnètes pour se soucier davantage du bien de la région que de ses petits intérêts politiques personnels.
       Mon combat échappait dorénavant à la notion régionaliste, il était devenu national.  Il fallait forcer les gouvernements supérieurs à se rendre compte qu'on existait.  Comme tout journaliste, j'étais l'expression, le cri du désespoir d'une bonne partie de la population.  Souvent, je devais littéralement arracher les déclarations.  Heureusement, mes rencontres avec les jeunes exprimaient le désir d'un avenir , d'un chabgement, d'une libération.  Je vivais chaque état d'âme régional.  J'adorais les Vauxcouleurs et sa population. Je m'y confondais parfaitement.
       Les patrons n'y voyaient encore aucun inconvénient.  Le journal semblait ainsi prendre ses responsabilités sociales et défendre les hauts intérêts de la région.   En réalité, le journal était manipulé et au service du parti libéral.  Mes écrits faisaient plaisir aux patrons puisqu'au provincial les libéraux étaient dans l'opposition et que je préparais inconsciemment la voie du changement.
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Un sourire d'enfer 11

Commande pour un éditeur gai de Montréal.                        


                                          4
  Je m'étais installé chez ma tante Aurore et son fils.
  Un dimanche soir, en retournant à la maison, j'ai rencontré un splendide petit garçon.  J'ai lutté avec lui.  Il était léger comme une plume et s'abandonnait dans mes bras avec une espèce d'appel à l'embrasser. Ses yeux flambaient de désir et ses lèvres peu entrouvertes m'offraient la résurrection. 
      Cette soirée, pourtant insignifiante pour la plupart des gens, a été le moteur de tous mes désirs, mes actions, une année durant.  Le soir et le matin, je déambulais dans le parc où je l'avais rencontré dans l'unique espoir de le revoir.   La vie des amourajeux est souvent un rêve qui  s'est manifesté quelques secondes dans la réalité.  Un rien prend l'allure d'un univers. Une explosion de la sensibilité. Le bing bang individuel.
     Il s'était offert à moi comme une fleur.  L'amour reprenait place. Encore une fois, j'étais toute sensibilité, à l'écoute de la vie, à la recherche de la beauté.  La vie à travers le corps des gamins n'est-elle pas à la fois une communion et une préscience de ce que sera le paradis ? 
    Une explosion se produisait en moi.  Un miracle était encore possible.  Je n'étais pas tout à fait mort à l'amour..  
      Un samedi, en me rendant à Québec;  j'ai fait connaissance avec Réjea.  Ce fut la folie la plus belle de ma vie.  Réjean prenait la place de Daniel, il était la réincarnation de l'ange rencontré à Sherbrooke.  Je l'adorai immédiatement entre deux remords, fruti de mon éducation. 
        Réjean devait avoir environ 12 ans.  Comme tous ceux de son âge, il ne fut pas long à comprendre ce qui se passait et ce que je désirais.  Hésitant et scrupuleux, Réjean ne se laissait pas toucher; mais il savait comment me rendre fou de lui, me posséder, me faire fléchir, ramper à ses désirs.  Ce fut un coup de foudre.  Une explosion gronda dans mes yeux, dans mes doigts.  Réjean devenait la lumière, la pierre philosophale.  
     Mon âme dansait, retrouvait sa légèreté, et pourtant en même temps, j'étais envahi d'une foule de scrupules : je ne pouvais pas salir une telle beauté.  Pour rendre suspect un si beau désir, des gestes aussi naturels, seule la religion peut nous corrompre à ce point en nous lavant le cerveau dès notre enfance.  J'avais peur comme en prison de lui faire du mal.  Je l'adorais trop pour oublier que la chasteté est une déviation maniaque, une maladie  religieuse qui s'imaginent que Dieu est contre la beauté de la sexualité.  Il a pourtant lui-même crée le corps.
       Je frémissais entre deux désirs comme un piano sous la main d'un grans Maître. Un appel d'âme à âme, d'énergie à énergie.  La fascination d'une beauté d'u autre ordre que celui de la matière.  Un appel à boire la beauté et l'innocence, c'est-à-dire l'absence de restrictions mentales.
          
     Je frémissais entre deux désirs comme un piano sous la main d'un maître. 
     Par peur de moi et par amité, j'ai révélé mes sentiments envers Réjean à Mme Gosselin.  
      Je croyais qu'elle me fermerait à jamais la porte de sa maison.  Surprise !  elle m'avoua me connaître depuis le début, et, même être au courant de mes trois mois passés en prison.  " Tu sais la petite nature... ", disait-elle amicalement.
      Pour la première fois de ma vie, une adulte m'acceptait comme je suis.  Si Mme Gosselin n'avait pas été là, je n'aurais jamais écrit.  Ce fut la lumière spirituelle dans ma vie.  Cette femme m'a plus appris sur la tolérance et l'amour que toutes les leçons de catéchisme aussitôt violées.  Ce fut le premier héros véritable que j'ai rencontré.  Mme Gosselin savait fort bien que j'aimais beaucoup trop Réjean pour risquer de le corrompre.  J'en faisais trop de scrupule.  Cependant, si la chose devait arriver, il était évident, forcé par cet aveu que je venais de faire, que le petit serait consentant.   D'ailleurs, la curiosité sexuelle est-elle corruptrice ou simplement naturelle ?  Notre société n'a-t-elle pas inventé le mal à travers tout ce qui est sexuel ?   Une perception maladive d'une réalité essentielle pour la survie de l'espèce ? En fait, je me sentais coupable d'être amourajeux.  J'avais la prison pour me le rappeler.
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Un sourire d'enfer10
     Quelques mois après mon arrivée, j'ai eu un incident avec Gouin et ses amis.
      C'était à l'époque du fameux bill 63 sur la langue. 
      Les protestations étaient si vives partout qu'une manifestation fut organisée avec la venue du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, à East Angus. J'avais discuté avec les manifestants avant de me rendre à la réception comme le commandait mon assignation. 
      À cet endroit, j'eus une prise de bec avec le premier ministre et ses ministres concernant cette législation impopulaire.  Je suis parti pour la salle où devait se dérouler d'autres manifestations, après m'être entendu avec le premier ministre que je lui ferais parvenir un projet de loi qui serait mieux reçu par les Québécois.  Probablement que celui-ci m'avait dit d'écrire un meilleur projet de loi si celui-ci était si mauvais ou que je me croyais si fin.  Une offre que je ne pouvais pas refuser car je croyais à cette époque que j'avais du talent.  Aussi complexé que je puisse être, aussi tête enflée j'étais. La cohorte du premier ministre devait prendre le chemin quelques minutes plus tard.
     Durant ce transfert des lieux, les manifestants encerclèrent les dignitaires et à ce que je vis, l'un frappa un député avec sa pancarte alors qu'un autre flaqua un solide coup de pied au cul au ministre Claude Gosselin.  Un des ministres présents entra en traitant les manifestants de maudits cochons.
     J'étais à rédiger mon texte à partir des notes prises lors de ces incidents à la salle de rédaction quand mes partons arrivèrent pour vérifier s'il était exact que le premier ministre s'était fait cracher au visage. 
     J'avouai ne pas en avoir eu connaissance quoique j'avais assisté, me semble-t-il, à toute la scène. 
     Le lendemain, nous étions les seuls à ne pas avoir relaté cet incident ou cet exploit , selon où on se trouve sur l'échiquier politique.
     Il n'en fallut pas plus pour que Gaétan Dostie me rencontre et me manifeste en son nom et au nom de ses amis son étonnement du fait que le seul journaliste vu comme étant honnète à ce journal fut aussi tarte.  J'ai expliqué mon point de vue : j'aurais été malhonnète d'écrire qu'il s'était passé quelque chose sans avoir la preuve qu'un tel geste avait eu lieu.  L'entretien tourna au vinaigre et je fus couché sur la liste des journalistes vendus.
    Cela ne m'empêcha pas de participer à tire personnel aux manifestations organisées, à Sherbrooke, contre le bill 63 et même entrer en conflit avec mes confrères; car, l'association des gens de la presse (qui ne fit pas long feu) refusa de se prononcer sur le problème de la langue et celui de la liberté de presse. 
    Comme convenu, j'ai fait parvenir au premier ministre, ce qui me semblait une loi contenant un minimum de justice pour les francophones.
     J'étais déjà trop radical et trop mou à la fois , selon d'où on m'observait.  Plus tard, il a été confirmé que Gaston Gouin avait effectivement craché au visage du premier ministre Jean-Jacques Bertrand.
     J'admirais profondément Gouin.  C'était un vrai poète.  Il parlait avec tant de passion de la poésie qu'il ne pouvait pas nous laisser indéifférents.  Je l'ai malheureusement rencontré trop peu souvent.  Gouin avait la voix.  Il fascinait.  Il était impossible de demeurer indifférent au poète en noir.
     Sur le plan politique, je me faisais éceouré par un groupe de maoïstes.  Ils m'ont certainement plus retardé dans mon qu'autrement.  Ils passaient leur temps à nous dire que les petits bourgeois de mon espèce seraient liquidés le jour de la révolution.  Je gagnais 135$ par semaine quand j'ai laissé la Tribune.  J'avais commencé au salaire de 35$ par semaine.  Quel bourgeois !  Ce langage m'écoeurait.  Comment croire que l'Indépendance sert les Québécois quand elle est présentée aussi bêtement.
     Je travaillais avec acharnement.  J'adore le journalisme.  J'y mettais toutes mes énergies.  Après le travail, je redevenais ce deuxième être qui avait pointé à Québec : un espèce de fou assoiffé de poésie, d'amour, d'ironie et de vie vraie.  On en a qu'une, il ne faut pas la manquer.   
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Un sourire d'enfer9 (roman 1978)

                                                   3


      Ma première année à La Tribune fut sans histoire, sauf, que je m'amourachais vite des gens rencontrés.  J'avais aussitôt de l'adminiration et de la sympathie.  J'étais ainsi à fleur de peau comme un radar sentant jusqu'aux entrailles les malheurs dont je devais rendre compte dans le journal.  J'étais vite bouleversé, peiné, impuissant.  L'impuissance, rien de plus difficile à vivre.
      Lors de mes premières vacances, j''ai cru faire une dépression nerveuse tant les larmes d'un petit bonhomme qui venait de perdre sa mère dans un accident m'avaient terrorisé.  Je digérais mal un autre événement : j'avais interrogé un petit gars sur ses réactions quand son petit ami a été happé par une automobile.  Il s'était fait arracher la jambe et mourrait quelques heures plus tard à l'hôpital.  C'est écoeurant de jouer ainsi avec les sentiments des gens, ce n'est plus du journalisme, mais pour le journal, ma sensibilité était payante.  Ce jaunisme allait parfois très loin.  Pour avoir plus de détails, j'ai dû interroger un bonhomme qui venait toiut juste de perdre trois amis dans une noyade.  Je me rappelle aussi le cas d'un malade condamné à mort à cause d'une maladie de reins.
       J'étais alors un journaliste estimé des patrons.  J'étais assez curieux pour toujours vouloir aller au fond des choses et je devinais assez vite les événements à venir... il me suffisait de quelques indications.
       Spécialisé à décrire les malheurs des gens, j'ai travaillé peu à peu sur le sort des travailleurs du textile, celui des producteurs de lait, etc.  Je faisais pleurer les lectrices, c'était bon.  L'insolite a toujours fait vendre des journaux.  Certains propriétaires de journaux sont de vrais fossoyeurs afin de bien gaver les vampires qu'ils alimentent.  Quelle saloperie !
       Hymne à l'amour, le vice, la révolte  produisait lentement ses fruits. Le patron m'a indiqué qu'il faut un haut taux de folie pour écrire une poésie comme la mienne.  Pour la première fois, j'ai affirmé la nécessité de mes amours illicites pour bien réaliser mon travail.  Mes amours sont mon moteur.  « Ne vous en faites pas, à chaque fois qu'il y a du jus dans mes reportages, il y a toujours un petit gars qui me fascine derrière l'événement.  Plus je suis fasciné, plus les mots viennent facilement.  » Ce fut une réponse qui a très vite clos la discution.
     Rien n'était plus vrai.  À chaque ville ou village, j'essayais de rencontrer des petits gars et de découvrir à travers les échanges baignés dans leurs yeux , les bonheurs et les malheurs des habitants de l'endroit.  Si un jeune me plaisait j'étais pris d'un espèce d'envoûtement, de frénésie, de fascination.  S'il me souriait , c'était l'extase.  Une simple communion de regards, un léger vent dans l'âme et cette localité était gravée dans ma mémoire pour des années.  J'y retournais souvent d'instinct dans le but inavoué d'apercevoir celui qui m'avait si follement fait tourner la tête.  À cette époque, la beauté était des noms et des visages de garçons.  Une obsession sans doute absolument folle, mais non dangereuse... La vie, c'était la vibration en voyant la beauté d'un petit corps, la sensation de communiquer , la poésie vivante qui m'envahissait.  La flamme du désir inassouvi. 
      Le premier poète à me critiquer sans me démolir complètement fut nul autre qu'Alfred Desrochers.  Après avoir lu Hymne à l'amour, le vice et la révolte, Desrochers me fit parvenir une note dans laquelle il disait ni ne me conseiller, ni ne me déconseiller de continuer d'écrire.  J'étais fou de joie.  L'hommage de cette neutralité venait de haut, mais Guilbert, mon patron immédiat, après avoir lu cette lettre prétendit que M. Desrochers voulait rire de moi, car il avait ajouté à peu près ceci:  " Dommage que tu ne sois pas venu avant St-Denis-Garneau, t'as beaucoup plus de couille que lui. "  Selon Guilbert, il s'agissait là d'une plaisanterie quant la mon amourajoie.  « Desrochers a voulu rire de toi.», me dit-il.
      Ce livre attira l'attention ( je lui avais envoyé) de celui qu'il est bien convenu d'appeler le leader littéraire régional de cette époque : Gaston Gouin.  Gouin, tout en y reconnaissant des faiblesses littéraires, trouvait très courageux d'y révéler mes amours.  Je n'ai rencontré Gouin que quelques fois.  Il me fit une critique de l'Homo-vicièr et il me it retirer près de la moitié du contenu.   Nos divergences politiques refroidirent nos échanges.  Il était trop radical pour moi.  Gouin admettait la nécessité de la violence pour obtenir l'indépendance du Québec alors que je n'y objectais viscéralement.  Pourtant, on me racontra, que cela n'a pas empêché Gouin de choisir Hymne à l'amour, le vice, la révolte, comme lecture de chevet.  

Un sourire d'enfer8 (roman 1978)
    Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel.  Aussi, avais-je pensé qu'en publiant  Hymne à l'amour, le vice et la révolte la police était pour faire enquête afin de me condamner.  Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait -ce que quelques minutes, le temps qu'il témoigne contre moi.  J'étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute.  La folie ne porte pas qu'à tuer... l'amour est un besoin tellement essentiel : en être privé peut nous déranger les méninges...
     Mon livre de poésie ne connut pas le succès.  Tous les critiques littéraires étaient unanimes : je n'avais pas de talent.
    « Plus équivoque et pas très prometteur s'annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau ... Enfin, Jean Simoneau nous promet une oeuvre fort abandante et nous prie , sur un feuillet publicitaire, de commander vivement car " le nombre est restreint".  Comme M. Simoneau est étudiant, il s'agit peut-être d'une farce, après tout ! »  ( Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).  Villon faisait aussi des farces et il fut pendu. Dans le journal  Le Devoir,  Jean-Éthier Blais affirma que même si je n'ai pas de talent , je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne ... (je sais maintenant pourquoi...)
       Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m'a valu toutes les foudres.  Personne ne voulait plus me parler.  Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces.  On les interprétait tout de travers, comme si j'avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s'agitait. 
        Écrire un livre t'immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort.  Aussi, pour moi, une dédicace c'était la plus grande preuve d'amour, c'était offrir mon coeur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi.  Mon livre en était parsemé.  Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible.  J'avais oublié d'en dédicacer un à mon frère Serge.   Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire des oublis aussi stupides ?
     De guerre lasse, je suis retourné à Barnston.  J'en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook.  M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l'on cherchait un bon journaliste.  J'ai été vite réengagé, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m'embaucher.
       Sur le plan politique, je n'avais pas évolué, sauf, dans le sens, de l'écoeurement total.
       D'abord, dans une assemblée libérale, un ex-ministre était venu promettre qu'en reprenant le pouvoir les libéraux créeraient un ministère fantoche dont le patronage serait la fonction véritable.  Un autre nous informa de la guerre Lesage-Lévesque.
      Je n'avais pas compris ce qui se passait avant le congrès des jeunesses libérales où j'ai été informé du projet d'Indépendance du Québec de René Lévesque.  J'étais quant à moi plus préoccupé par mon projet visant à nettoyer les moeurs politiques.
       J'ai pris position pour une espèce de troisième voie, présentée par M. Paul Gérin-Lajoie, projet qui m'apparaît encore aujourd'hui comme étant aussi autonomiste, sans en porter le nom.
      J'étais délégué au congrès des adultes, mais je n'avais pas les sous nécessaires pour y participer.  L'équipe de Jean Lesage m'offrit de payer à la condition de voter contre René Lévesque.  J'ai refusé.  Je me suis présenté au clan de Lévesque afin d'avoir le financement nécessaire, tout en leur disant que j'avais déjà voté contre le projet de leur chef et que je ne changerais pas d'idée par ce simple soutien financier.  Malgré ma franchise, ils acceptèrent.
      Le congrès était complètement paqueté.  Les libéraux avaient sorti tous les petits vieux des hospices pour venir battre le communiste Lévesque.
      Le projet que j'appuyais fut rejeté.  Nous n'avions plus le choix qu'entre le statut quo et l'option indépendantiste.  Quand je me suis présenté au micro, tout le monde écoutait.  J'étais jeune et , venant de Limoilou, je ne pouvais être que du bon bord.
      « Entre le satut quo, qui ne va pas assez loin dans les réformes souhaitées et une option qui m'apparaît comme allant trop loin, je ne peux que choisir d'aller le plus loin possible, dans l'intérêt du Québec.  Pour cette raison, je voterai en faveur du projet de René Lévesque.»
         Les protestations fusèrent de partout.  Les délégués de comté m'ont aussi vite désigné comme « un traitre».  Ils prétendaient même que j'avais infiltré le parti pour appuyer l'Indépendance.   Ce qui était absolument faux et débile.  J'étais très désappointé du peu de démocratie à l'intérieur de ce congrès.  Chose certaine, je n'étais pas genre à appuyer les propositions visant à augmenter le patronage.  Je suis allé souper seul, réfléchissant à ce que je devais faire.  Lévesque était déjà exclus du parti. Ses supporteurs avaient quitté la salle.
    De retour au congrès, je suis allé dire à peu près ceci à l'assistance : « Il est évident que j'ai perdu toute crédibilité.  Je ne crois plus représenter dorénavant les voeux des membres de mon comté et, par conséquent, je démissionne de la présidence.  Cependant, je considère qu'il est urgent, comme le disait M. Lesage, de s'occuper du pain et du beurre et à ce chapitre, je crois, qu'il me sera possible de mieux servir le Québec en demeurant dans le parti.  Il faut s'unir et reprendre le pouvoir.»
      Espèce de cave !  j'espérais toujours que mon projet, référé à un comité d'étude, puisse un jour aboutir à des actions concrètes.
        J'ai eu droit au seul " standing ovation" de ma vie.  Les gens me tendaient la main de chaque côté des rangs comme si j'avais été le chef de ce parti.  Kierans et Lévesque me donnèrent l'accolade.
        Je savais pourtant au fond de moi-même qu'il n'était plus question pour moi de politique active : la foi venait de tomber pour très longtemps.  La blessure était profonde.  Je ne croyais plus à la démocratie.  J'ai écouté les discours .  J'ai eu presque mal au coeur d'entendre Pierre Laporte et cies vanter le fédéral.  C'était à se demander ce qu'il faisait au Québec.
       Aussi, suis-je entré une troisième fois à La Tribune.  Je n'avais surtout pas l'intention de m'occuper de politique à nouveau. C'était, à mon avis, bien trop sale !

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Un sourire d'enfer7 (roman 1978)
     Je suis retourné à Québec dans cet état d'esprit.  Cela ne m'avait rien donné financièrement de travailler tout l'été.  Je n'avais réussi qu'à payer mes dettes de l'année précédente. 
     À nouveau, le service d'aide aux étudiants me refusa l'argent nécessaire pour compléter ma deuxième année chez les Jésuites.  J'étais puni d'avoir travaillé.  Puisque j'avais essayé de me débrouiller, j'avais droit à moins d'aide.  Quel genre de débiles dirigent tous les services d'ordre social ?  Ils ne comprennent rien dès que tu veux faire un effort pour t'en sortir.  Au lieu de t'aider, ils te calent encore plus dans la merde.  Je voulais me suicider, même si je savais que je ne mettrais jamais ce désir à exécution.  Le suicide est une maladie mentale ou un manque de courage. Comment vivre sans aimer ?  Comment trouver un sens à mes actions, si je pouvais pas partager la tendresse qui me dévorait ?
      À la fin du premier semestre, mon désespoir s'est transformé en révolte.  Il ne suffisait plus d'écrire l'Homo-vicièr , je devais m'affirmer.  En décembre ou janvier, j'ai écrit dans le journal étudiant un grand extrait de mon roman dénonçant les examens.  En sociologie, par exemple, le professeur demandait d'expliquer le haut taux de suicides chez les étudiants, ce à quoi j'ai répondu que l'imbécilité de ces cours était une raison viscérale de vouloir en finir.  Celui-ci me traita de fou en classe.  J'ai repris les examens avec succès et l'incident fut oublié. 
      Au cours du second semestre, je me suis fait une petite amie.  Nous avions été attirés l'un à l'autre par le même amour des lettres.  La chicane ne tarde pas à nous opposer.  Elle fut d'abord jalouse du petit gars qui recevait nos manteaux à l'entrée de la salle de danse.  La jalousie est un déséquilibre. Un juron contre la liberté.  Il était très beau.  Je serais demeuré planté là à l'examiner durant des heures.  Malheureusement, quand on est avec une femme, il faut qu'il n'y ait qu'elle dans le paysage.  Une forme d'autisme nommé couple. Tout autour doit être laid ou invisible.  Elle vit ensuite dans la visite d'un cousin, un autre danger.  Les flammêches ne tardèrent pas.  Je ne tolère pas la jalousie.  C'est refuser à l'autre son droit de choix fondamental.  Les féminounes s'imaginent que jouir de la présence d'un autre, c'est leur manquer de respect, car l'autre peut leur être supérieur.  En fait, elles vivent d'insécurité et de complexes d'infériorité. Elles projetent sur les autres leur complexes d'infériorité et leur paranoïa.
    La jalousie est un élément décadent, ressurgissant de l'inconscience de la vie des harems et du statut de la femme dans une société de machos hétérosexuels.  Le statut de la femme dans nos civilisations a toujours été celui de l'infériorité.  Pourtant, nos ciivilisations s'imaginent que l'hétérosexuelalité est tout ce qui a de normal. J'aime les femmes qui ont dépassé cet état mental et émotif.  Les femmes qui ont su intégrer la beauté de la sexualité.
      La crise a pris de l'ampleur.  Elle d'identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L'homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme.  La femme qui, sous prétexte d'égalité, veut dominer  non plus en cachant son jeu comme l'a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice. 
     Ce fut une période très riches d'échange de lettres d'amour.  Finalement, elle me reprochait d'être trop cochon  parce qu'à force de me faire agacer : elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l'aurais souhaité, mais qui m'amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes.  Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j'y décelais un désir qui était bien celui d'une victime ( un mot féminin) qui se cherche un bourreau.  Bien agréable le bourreau... à petite matraque... Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, on préférère ne pas en parler parce qu'on les craints... d'où notre incapacité d'équilibre émotif...
     Mon professeur de sociologie fit sa connaissance.  Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire que je m'étais suicidé de chagrin par sa faute.  La pauvre fille n'en a pas dormi de la nuit.  La rupture était inévitable,j'étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais paspourquoi cette invasion des remords de conscience,fruit de notre ignorance de la nature humaine,  Pourquoi devenir fous pour des gestes somme tout très agréables?  Quel danger y a-t-il à se caresser ?  À cette époque, si je l'avais mis enceinte, je l'aurais mariée.  Je crois même qu'on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait et marié cela n'aurait plus été un problème... il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l'aider à élever l'enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu'à ce que l'enfant ait atteint son secondaire.  Ainsi, on aurait plus besoin de l'avortement...
      Vers la fin de l'année, j'ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites. Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l'Amour est gratuit.  Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l'apologie de ma folie dans leurs classes.  Dans l'autre, je dénonçais la prison , tout en faisant connaître mon amour des garçons.  Les Jésuites n'ont pas tenu le coup : j'eus le choix entre payer tout de suite ou de ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d'année.  Une façon de me renvoyer, car ils savaient que je n'avais pas d'argent...  C'était un noble moyen pour me forcer à débarasser le plancher.  Et, une bonne justification, je devais tenter une nouvelle action, susceptible d'intéresser les journaux.   Mon professeur de sociologie me reprocha d'avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n'a pas le droit de laisser tomber.» Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France,  et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie.  Puisque j'avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, j'étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète.  C'était trop tard.  Ma décision était prise .  Je me servirais de ma bourse d'études pour publier mon premier livre.
     J'ai travaillé à la publication de Hymne à l'amour, le vice et la révolte.  Tout au long de l'année, j'ai pondu L'homo-vicièr.
     À ce point de vue,  ma rencontre avec Micheline a été très profitable.  Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger... Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe  et dès que nous le pouvions  nous nous faisions part de nos découbvertes, en vue de s'en servir dans nos écrits.  Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consarées au rire et à l'ironie.  Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante.  Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu'il est normal d'avoir la libido forte ? On préfère la censure et l'hypocrisie... une société de moutons... On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c'est plus facile de ne pas les remettre en cause. 
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Le retour du jedi...
  Eh oui. Je suis bien de retour.  Mon fils adoptif est maintenant le père d'une magnifique petite fille, nommée Mariam.  
   Jahed,Mehad et Nabila étaient excités d'avoir une nouvelle petite soeur.  Un moment de bonheur ponctué par des inquiétudes, mais tout est parfait. 
     Je poursuivrai demain l'écriture de " Un sourire d'enfer" , un texte fait en 1978.  Une commande...
     Il est possible de lire de plus en plus de textes sur ma gage personnelle.  Espérons , puisque maintenant je peux compter le nombre de visiteurs que j'en arriverai pas à la conclusion que j'écris pour rien...
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Absence motivée
   Je serai absent de chez moi durant une période indéterminée.  J'essaierai de continuer d'alimenter mes carnets, mais je ne sais pas encore comment.  Disons qu'au pire ce seront mes vacances.  Dès que je pourrai, je continuerai de produire ce roman écrit en 1978,  En attenedant, il est possible de lire des textes à partir de ma page à http://jeansimoneau.com  ou dans rubrique les archives dans cette page...Merci de votre compréhension. 
Un sourire d'enfer6 (1978)adulte seulement
  Adulte seulement pour cette fois...
     Un après-midi, dans le métro,en me rendant au travail,  j'aperçus un magnifique petit bonhomme.  Il était blond et devait avoir environ 14 ans.  Je lui fis des clins d'oeil , il me souria.  Je lui montré deux dollars, tout en lui faisant signe de me suivre, ce qu'il  fit sans hésitation.  J'étais au ciel.  Je croyais rêver.  Je me suis rendu avec lui dans une toilette d'un restaurant  où il accepta, après des caresses préléminaires ,de se rendre chez moi.  J'étais fou de joie. Je n'aurais jamais cru qu'une telle chose était possible.
      Je m'absentais du travail pour la première fois.  J'ai passé l'après-midi avec lui.  Je le revois nu dans mon lit alors que ma langue voyageait encore moins vite sur son corps que le plaisir qui courait dans ma tête.  Pour la première fois, je sentais que le plaisir était complètement partagé.
        Son sourire, les gestes de son corps,  prouvaient qu'il goûtait tout aussi bien la situation que moi.  Daniel était divin.  Il avait en plus une drôle de façon de réagir à nos baisers.  À chaque fois, il branlait le nez.  Nous avons parlé assez longtemps pour que je le connaisse assez bien.  Son père était dans l'armée et sa mère vivait,  à Montréal, avec lui.  La séparation de ses parents l'affectait beaucoup.  Son grand rêve était de s'acheter une bicyclette. 
       Peu à peu, les remords m'ont envahi , car je me sentais encore couplable d'être amourajeux.  Je l'aimais trop pour le rendre à jamais malheureux.  J'avais peur que mes goûts se transmettent. et je ne voulais pas lui rendre la vie aussi malheureuse que la mienne.   J'ai supplié Danie de me pardonner.  J'ai voulu lui faire peur en lui disant qu'une telle dégénérescence conduit à la prison.  Daniel se contenta de s'approcher de moi et me dire que lui aussi avait déjà eu des problèmes avec la policie.  Et, il m'embrassa avec passion.  Que pouvais-je dire de plus ?
       Après que Daniel m'eut laissé, la vie n'était plus pareille.  J'étais follement amoureux de lui.  Daniel m'avait promis de revenir bientôt me voir et de me présenter sa petite amie.  Il ne le fit jamais et je me suis mis à le rechercer.
        Daniel, c'était tout ce qui comptait dorénavant.  Je vivais dans l'anxiété de le revoir.  J'ai tenté de le rejoindre au téléphone, épuisant le répertoire de toutes les familles qui répondaient à son nom.  Le soir quand j'arrêtais une seconde de travailler , je me rendais près de la porte où je scrutais les passants.  Viendra-t-il enfin ?  Pour le graver davantage dans ma mémoire , je griffonnais cet amour sur un bout de papier.  Je me fichais bien maintenant que ma mère ait hésité à me livrer à la police puisque le dimanche précédent , elle et mon père, m'avaient surpris la main dans le pantalon d'un autre petit garçon qui aimait bien se faire tâter le moineau.  La faim justifie les imprudences...  Peut-être mes parents n'auraient jamais oser mettre leur menace à exécution; mais je savais être, encore une fois, une raison pour eux d'être malheureux de m'avoir comme fils. Ça m'affligeait beaucoup, c'étaut même une raison de plus de m'haïr.
      J'étais quasiment fou de visions.  Je voulais revoir Daniel par tous les moyens.  Chaque endroit où j'avais vécu quelques secondes avec lui étaient devenus de véritables lieux de pélerinage et le sont demeurés plus de dix ans...
      Ce fut comme si les patrons auraient compris qu'il se passait quelque chose de nouveau en moi.  Ils multipliaient mes missions dans le club gai.  Ce travail a eu un avantage extraordinaire : il enleva à jamais ma peur des gais.   Si j'en était un d'une certaine façon, j'avais conservé toutes les peurs que mon éducation avaient créées.  Loin d'être dangereux, comme on me l'avait appris, ces messieurs étaient tout égard, toute tendresse .  Je me sentais de plus en plus valorisé quand un homme me regardait avec avidité.  Moi, qui m'était toujours cru si laid, je découvrais que pour certains je pouvais même leur paraître très beau.  Ce n'est pas qu'une petite découverte, c'est extrêmement important pour quiconque.  Petit à petit, j'ai commencé à fréquenter les pissotières.  Le travail s'en trouva valorité d'autant...
         Un jour, en entrant du travail ,une lettre de France m'annonçait que j'étais lauréat d'un concours de poésie en Normandie.  C'était un poème que j'avais écrit pour illustrer mes tentations amourajeuses : LA NOCE.  En même temps, le lieu d'où je gagnais le concours, était lié directement à un autre personnage religieux qui m'influençait énormément : Ste -Thérèse-de- l'Enfant -Jésus. Elle était arrivée dans ma vie à travers la THÉRÈSA.   
      Je ne savais plus si je devais être heureux ou découragé.  Je priais pour revoir Daniel.  J'avais peur , mais cette fois l'amour fut si vif que ce fut la grande métamorphose.  Plutôt que de percevoir Dieu comme un juge, je le découvrais un protecteur :  il ne pouvait pas condamner l'amour , Lui , qui se dit l'Amour.
      Daniel.  C'était déjà un rêve, une force comme je n'en n'avais jamais vécue.  J'étais prèt à tout pour le revoir, pour lui dire combien je l'aimais.  Son absence m'a mené à encore plus de révolte.
      J'ai commencé à écrire des poèmes dans lesquels JÉsus était un adepte des Amitiés particulières.  À chaque mot, je mourrais de peur puisque je craignais que ce soit des blasphèmes.  J'écrivais en tremblottant et bien conscient qu'il y avait une nouvelle force en moi,  Une force de nature insoupçonnée : j'étais prèt à défier Dieu lui-même pour revoir Daniel. 
      Je me fichaitspour la première fois des cinq ans de prison possible, même de la mort, ne serait-ce que pour le revoir une minute, l'aimer encore autant , avec autant de passion. 
      Heureusement, la poésie m'aida à retrouver mon équilibre.  Je me suis rappelé peut à peu ma grande découverte en prison : aimer, jouir sont aussi des prières.  Je ne culpabilisais plus.  Daniel ne m'entraînait pas aux blasphèmes, il consacrait l'amour que j'ai en moi.  Il m'unissait à Dieu par un nouveau moyen, par une nouvelle route.  Ainsi, Daniel me permettait de m'accepter comme amourajeux, sans être en contradiction avec ma foi.  Quelle importance cela avait-il que Jésus ait aimé un petit gars au Jardins des Oliviers ?  Pour moi, Jésus devenait encore plus grand, tout aussi divin.   Qu'il ait aimé la chair en s'incarnant, rien de plus naturel; le contraire, en faisait un masochiste pur.  Dieu cessait d'être un excécrable individu pour devenir véritablement un AMI.
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Un sourire d'enfer5 (1978)
  Ce fut obligatoirement le retour à l'école à Québec. 
   Cette fois, seuls, les Jésuites m'acceptaient , mais il fallait payer des frais de scolarité énormes.  Pour y arriver, je devais obtenir une bourse d'études.
     J'ai réentrepris les démarches, sans succès, auprès du Ministère de l'Éducation.  Révolté, avec le chapeau de M. Gosselin et un communiqueé de presse, je me suis rendu au bureau du ministre, M. Gérin-Lajoie,  passer le chapeau.  Je n'ai récolté que quelques sous, mais l'intérêt soulevé par la presse incita le ministère à bouger.  Première réaction : il me fit passer pour fou. 
    Il fut aussitôt décrété que je devais passer un examen psychiatrique avant d'avoir une bourse, car, on devait savoir où on investissait avec l'argent des contribuables.  Cet examen suscita la colère des mouvements étudiants qui se battaient pour l'enseignement gratuit.   Ceux-ci invitèrent les autorités à passer le même test.  Manque de peau, l'examen révéla seulement une certaine tendance à éparpiller mes énergies ( c'est ce que j'imagine , on appella névrose), mais on insistait sur ma capacité définitive de pouvoir poursuivre des études universitaires et bien au-delà.  Ce bien au-delà m'a toujours tracassé.
      En politique , j'étais toujours persuadé de la nécessité de se débarrasser du système du patronage.  J'ai entrepris la lutte dans une section de la Société Saint-Jean-Baptiste, à Québec. 
    La lutte au patronage m'était apparu plusieurs années plus tôt comme un élément essentiel pour répondre à Gordon, cet espèce de chien en culotte du Pacifique Canadien, qui prétendait que les francophones étaient trop idiots pour occuper un poste de commande.
    À mon avis, il fallait nettoyer notre vie politique de sa réputation et de ses sangsues.  Par la suite, si les anglais continuaient à nous traiter injustement, il n'y aurait qu'une solution : la révolution pour l'Indépendance du Québec.
     Si j'acceptais cette voie, je refusais celle qui montait à Montréal : le FLQ.  J'avais peur, depuis mon premier emprisonnement et mes lectures du Reader Digest, de la guerre civile, des communistes, etc.  Par contre, j'étais un chaud partisan de René Lévesque.  J'avais même conseillé au secrétaire de Lesage, Raymond Garneau, la tenue d'un congrès à la direction des libéraux où Lévesque serait appelé à remplacer Jean Lesage.
     Je cherchais toutes sortes de solutions qui auraient fait du Québec , une province riche et heureuse.  Je m'étais penché sur le rôle des députés et j'avais essayé de vendre l'idée d'un espèce de régime présidentiel où les mouvements de base joueraient un rôle indispensable.  À cette époque, je voyais l'indépendance du Québec comme une bombe atomique , apte à permettre aux Québécois d'être traités avec égalité par les Anglophones. 
     La SSJB-Québec ne voulait rien entendre sous prétexte qu'elle se voulait apolitique.  J'ai été forcé de laisser ce mouvement.  J'étais en larmes.  J'affirmai que si un jour le FLQ grossisait, ce serait la faute de tous ces irresponsables qui refusent de faire face à la musique et optent pour le statut quo alors que l'injustice est flagrante.
     J'ai à nouveau joint les rangs des libéraux.  Je voulais cette réforme à tout prix : un gouvernement du peuple, un gouvernement honnête.  Pour ce faire, fallait bien que je fasse de la politique.
      Je me suis réembarqué assez vite dans ma nouvelle mission.  J'écrivais aux députés, aux ex-ministres libéraux qui étaient alors dans l'opposition. 
       À mon avis, la politique était tout comme le journalisme, la tâche la plus noble qui soit, puisque comme le disait l'Éthique à Nicomaque, elle consiste à travailler au mieux-être de ses concitoyens.  La politique est donc le summun normal de l'amour.  J'ai vite déchanté.
      Je m'étais fait la réputation d'un gars du centre-gauche.  Pour moi, le Québec devait développer le Nord, accentuer la participations des travailleurs à la gestion des entreprises.  Le Québec devait assurer universellement les droits fondamentaux pour chaque individu que sont la nourriture, le logement, la santé , le travail et l'éducation. L'état ne devait pas remplacer l'individu, mais garantir qu'il aurait accès au minimum de ces moyens pour se réaliser personnellement et socialement.  Les moyens de s'en sortir...
      Toujours coupable d'être amourajeux, je me suis présenté en clinique pour me faire traiter.  J'avais inutilement demandé au député Vaillancourt de m'aider à obtenir les services pour défrayer le coût d'un tel traitement.  Après une semaine d'observation à la clinique Roy-Rousseau, j'ai été renvoyé sous prétexte que je peux m'en sortir seul.  Le médecin m'avoua n'avoir rien contre l'amourajoie telle que je la vis ; mais que je risquais à nouveau la prison, ce que je ne saurais pas supporter.  Il me conseilla, comme si cela était possible, que je devienne gai et de cesser d'écrire aux députés puisque mes lettres et mes documents se retrouvaient sûrement au panier.  
      J'avais trouvé ce verdict très pertinent.  Une semaine plus tard, pourtant, je recevais un appel du ministre Éric Kierans qui m'offrait de le rencontrer .  Je me suis rendu à son bureau et à ma grande surprise, j'ai été présenté à Jean Lesage.  Les politiciens discutèrent avec moi et finirent par m'offrir d'apprendre le métier de politicien avec Jean Lesage.  J'aurais eu un salaire de 100$ par semaine.  J'ai refusé , croyant qu'ainsi je préserverais mieux ma liberté et que je n'aurais pas besoin de devenir un singe pour faire mon chemin en politique.  Kierans venait de donner tort à mon psychiatre.
      Mon année scolaire s'est très bien terminée.  J'ai facilement réussi.  Je ne pouvais pas être distait, je n'avais que 0.50$ pour mes dépenses, autres que ma pension.
         Je me suis rendu à Montréal pour travailler durant l'été pour payer les frais de la prochaine année scolaire.  Tout ce que j'ai su dénicher : éclairagiste dans un club pseudo-arabe , puis, dans un club à gogo, comme desserveur de tables.  Cette dernière expérience me marqua danvantage puisqu'on m'appelait "le petit gars" et que je fus confronté pour la première fois de ma vie à la réalité gaie.
     Ma première recontre fut celle d'un noir.  Il s'organisait toujours pour m'attirer à sa table.  Il a même inventé de renverser sa bière.  Il me tappait sur les nerfs. À la fin de la soirée. il me fit part de ses ennuis : il ne savait pas où aller.  Je lui ai conseillé un endroit en lui indiquant bêtement que je m'y rendais toujours après le travail.  Il m'a aussitôt fait part de son intention de m'y retrouver.  Ce soir-là, j'ai sorti plus tard qu'à l'habitude.  Je n'étais pas naïf, j'étais niaiseux.
     J'aimais bien ce travail.  Le milieu insolite. La demande des filles du club arabe de leur envoyer des petits vieux, quand j'ai commencé à travailler au club de gogos-femmes.  En retour, j'avais droit à une commission payée en nature ... que je n'ai jamais eue, même si j'ai envoyé bien des intéressés.  Cependant, l'honnêteté n'était pas toujours de rigueur dans ces clubs. 
       Je suis passé pour le roi des imbéciles un après-midi parce que j'ai défendu un client qui avait oublié un appareil photo et qu'une des serveuses voulait garder pour elle.  Ce qu'elle fit , malgré mes protestations.  Je n'aimais pas non plus qu'on fasse les poches des clients quand ils étaient trop saouls à la fin de la soirée, avant de les mettre dehors.  
      Ma jeunesse me valait des avantages. Une des serveuses me fit une crise de jalousie parce que souvent j'avais de bons pourboires pour rien ou encore des clients qui me payaient volontiers un verre.  Je ne comprenais pas pourquoi tant de générosité jusqu'à ce qu'une serveuse me dise : " T'as qu'à regarder ces messieurs te convoiter l'arrière-train pour saisir ce qui se passe. "
     Plus tard, les patrons s'amusèrent à m'envoyer chercher de la glace dans un club gai de la rue Stanley.  Ils prétendaient que je serais un jour un des clients de ce bar.  C'était toute une découverte : je voyais pour la première fois de ma vie, dans ma vingtaine, deux hommes danser ensemble.  Un seul spectacle a su me distraire autant : le club des lesbiennes.  Je les ai vues un soir sortir un bonhomme qui s'était probablement trompé d'adresse... il  toucha peu aux marches... les femmes sont parfois aussi très fortes...
      Montréal me semblait propice à une expérience amourajeuse.  Il était impossible qu'avec autant de petits gars, je ne finisse pas par en rencontrer un qui soit intéressé.  En attendant, je travaillais et j'écrivais de la poésie.  Parfois, je me permettais de partir à la recherche de l'âme soeur...
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Un sourire d'enfer4 (1978)
    Cette nouvelle dimension de la vie m'éblouissait, mais me traumatisait tout autant.
     Tous les journaux, toutes les revues refusaient mes textes.  Ceux-ci étaient pourtant de moins en moins religieux.  Selon les auteurs-modèles qui m'avaient amené à la plume, Rimbaud, c'est un si joli garçon, , et Jacques Prévert,  dont la révolte m'obsédait, il était impossible que j'évolue autrement. 
      Je correspondais avec une poétesse de Québec, Madeleine Guimont.  Elle était toute sensibilité et douceur.  Malgré mes échecs , j'écrivais, j'écrivais, j'écrivais.  J'adorais ce nouveau monde où tout est imagination, jeux de mots.  Peut-être aujourd'hui dirais-je, je pleurerais, je braillerais.  Poèmes et chansons étaient ma vie.  Je me lamentais et je ne me pardonnais pas d'être amourajeux.
      J'étais profondément vexé que les orchestres de mes frères ne connaissent pas autant le succès que je le voulais et qu'ils méritaient.  Leur premier orchestre fut les Stellairs, qui fut dissous et remplacé par les Pyramides et les Rembrandt, qui connurent un certain succès.
      Cette création, baignant dans une atmosphère de révolte et de sensualité fut la source de mes problèmes.  Mes textes étaient de plus en plus révoltés et seul l'aumônier de l'école normale semblait y attacher de l'importance.  Ce fut alors ma période de recherches ésotérique.  J'étais obsédé par un nouveau thème : la mort.  Par contre, j'étouffais ma peur et je commençais à décrire mes émois amourajeux.  Les petits gars reprenaient du terrain.  Mon texte sur la Mort du beau Pierrot devint le symbole de ma nouvelle façon d'embrasser la vie.
     Les études n'avaient plus d'importance.  J'allais boire avec un groupe d'amis étudiants et je cherchais ce qui pouvait arriver après la mort. J'avais l'obsession de l'au-delà.
     Pour moi, tout devint clair.  Puisque le cerveau est l'outil essentiel, le centre de la perception, à la mort, il n'y a rien qui puisse subsister, c'est le grand vide total éternel, mais l'énergie que nous sommes ne peut pas disparaître totalement.  Avec la mort nous devenons une énergie diffuse et inconsciente, car rien ne se perd et rien ne se crée. De l'énergie noire.  La plus en abondance dans l'univers, mais dont on ne sait rien. Demeure-t-elle une source de conscience ?  Conscience de quoi ?  Serait-ce comme les nuages noirs perçus dans ma vision en prison ?  Le bonheur serait-il quant à lui une énergie blanche ?   
      La vie est une force énergétique plus concentrée que l'énergie nucléaire.  Une énergie, qui, comme la vie sexuelle n'a pas encore été mesurée puisque l'on n'a pas encore découvert les moyens d'y parvenir.  Une énergie plus concentrée, d'une plus grande qualité.  Ce qui permet la conscience et donc la création de ce qu'on considère comme la réalité.  Notre vie ne serait qu'un regard sur les énergies qui passent.
      Les étudiants les plus âgés me comparait à Theilard de Chardin.  Je ne l'avais encore jamais lu, aussi, je ne sais pas si ces rapprochemtns étaient plus ou moins fondés.  Sa théorie, que j'ai lue plus tard, est fascinante.
      Je faisais des expérience d'hypnose et de télépathie , expériences que j'ai vite mises au service de mon amourajoie.  Ce fut une période assez féconde pour trouver mon sens de la vie personnelle : aimer les petits gars. Je me découvrais amourajeux dans toutes les fibres de mon corps.  C'était encore à mes yeux quelque chose de défendu, de mal, d'où bien des tourments et une association satan-amourajoie dans mes poèmes.  Mais je ne savais pas encore (je l'ai appris à 67 ans) que mon ange de naissance était Samaël.  Satan.
      La poésie m'amena à appliquer la même recherche à la prose.  Une réadction sur mon premier voyage en avion, comparé à un voyage dans le ventre d'un aigle, me fit échouer en français.  Mon professeur n'avait pas aimé l'allégorie.
      Je détestais les mathématiques et puisque j'aurais voulu enseigner le français, j'ai répondu par un poème au concours du ministère de l'Éducation.  Ce poème reprochait à la civilisation occidentale de n'avoir qu'un but : l'argent.  Je visais aussi le ministre de l'Éducation, car , à mon sens, il n'avait fait qu'une réforme administrative.
      Cette offense me valut l'avertissement de ne plus me représenter à cette école supérieure, car, si j'étais un petit gars de grand talent, mon éducation familiale était à la source de grandes carences. Pour les autorités, je n'étais rien d'autre qu'un névrosé.  Un révolté.  Un instable.
      Avant la fin de l'année, les libéraux avaient décidé d'en appeler au peuple.  J'ai offert mes services à ceux que je connaissais :  Émilien Lafrance, qui gardait un bon souvernir de moi à cause de mes prises de position au temps des Disciples de la Croix;  M. Morrissette qui venait de m'aider;  Georges Vaillancourt pour qui j'avais déjà fait deux discours aux élections précédentes,et Carrier Fortin, ministre du Travail, que j'avertissais de mon impopularité à cause des réformes que je préconisais.  Seule l'organisation de Carrier Fortin sembla intéressée.  On désirait que je me présente à la télévision afin de ressurer les gens à l'effet que la réforme de l'éducation n'entraînerait pas la sortie des crucifix des écoles.   J'ai refusé ce geste de politicaillerie,  car je croyais que d'autres idéaux étaient bien plus importants pour le Québec : un changement dans le système électoral, trouver des façons d'éliminer le patronage.  Ces réformes avaient même été timidement entreprises par Jean Lesage ( sans que j'aie un mot à dire évidemment), mais ces sujets me captivaient davantage que la religion dans les écoles.  D'ailleurs, j'étais encore assez religieux pour m'opposer à la laïcisation des écoles.  Ce qui prouve que je n'étais pas enore bien éveillé.  Tout ça, ça ne me fournissait pas un moyen de gagner ma vie.  Et, je le devais.  Je n,avais pas le choix...
.©  Tous les droit réserévs
       jean simoneau 2010
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Un sourire d'enfer3 (1978)

    Pour m'en sortir, j'ai travaillé le soir comme placier dans un cinéma, et la fin de semaine, dans un restaurant. 
    J'ai ainsi revu des centaines de fois un film qui m'a beaucoup bouleversé . MONDO CANE.  C'était un film traitant à la fois de la misère et des moeurs étranges dans le monde des humains.  J'ai commencé, grâce à ce film, à comprendre comment les religions ne sont qu'aberrations mentales, fruits de la peur et de l'ingorance.
    J'ai terminé avec sucès mes études et l'été, je me suis rendu travailler pour le Journal de Magog.  Ce fut la redécouverte de l'écriture.  Si, à l'époque de la Tribune, première vague, ma poésie fut celle de la morale et de l'amitié; cet été-là, ce fut celle du repentir.  J'étais plus chrétien que le pape.   Amoureux d'une jeune fille pieuse, je scrutais masochistement mon état d'amourajeux. 
    J'ai dû quitter le journal parce qu'il refusait de publier toute la vérité sur les coûts d'un projet municipal. 
     À cette époque j'ai appris que mon père, Émile, mon parrain Hormidas Turgeon, et mon oncle, Arthur Simoneau, étaient depuis longtemps des nationalistes convaincus et actifs.
   J'avais du journalisme, une très haute opinion.  C'était une espèce de chevalerie.  À mon avis, un bon journaliste se devait à ses lecteurs, plus précisément à la Vérité, au Bien commun.  Au péril de sa vie, il devait faire jaillir la Vérité, exposer problèmes et solutions, servir les pauvres en dénonçant leur détresse.
                                                 2
      Septembre. J'ai voulu continuer mes études à l'école noramle des hommes à Sherbrooke.  Je n'avais pas d'argent et le service d'aide aux étudiants refusaient mes demandes.  C'était comme au secondaire;  pour avoir des sous il aurait fallu que j'affirme que mes parents, en êtres anormaux, m'avaient fouffu dehors du bercail.  Je tenais à la vérité, et par conséquent, à la bonne réputation de mes parents.  La décision de mon père de ne pas me nourrir jusqu'à 75 ans était pleine de bon sens : il me forçait ainsi à apprendre à compter sur moi même, à me déniaiser un peu.
         Mes parents me remettaient parfois mes trois mois de prison sur le nez, mais qui ne l'aurait pas fait ?  Puisque je comprenais leur attitude  sans les blâmer, j'étais de l'avis d'un psychiatre, d'un masochisme maladif.  À cette époque, je me croyais vraiment un salaud d'être amourajeux.  Je ne savais pas que cet interdit est le fruit d'une savante formule de répression pour mieux abuser des gens.  Je n,avais pas encore de morale personnelle. 
       Par hasard, j'ai appris que l'ancien président de la Commission scolaire de Victoriaville, un  Monsieur  Morrissette, était devenu ministre adjoint à l'Éducation.  J'avais travaillé souvent avec lui et ce dernier ne pouvait avoir qu'un bon souvenir de mon professionnalisme comme journaliste.  Il n'en fallait pas plus pour que je frappe à sa porte.  Il me prêta l'argent pour poursuivre mes études à Sherbrooke. 
      J'ai ainsi renoué connaissance avec les libéraux.  Ils étaient au pouvoir et ma seule planche de salut.  J'ai pensé que ce n'était peut-être pas aussi vrai que les libéraux aient été derrière mon arrestation en 1963.  Après tout, ces gens n'étaient que des organisateurs locaux.
       Ce fut toute une expérience d'entrer à " l'École Normale de Sherbrooke", sous la protection du ministre adjoint à l'Éducation.  Jamais tout n'avait été si bien préparé pour me recevoir ;  jamais le prèt d'honneur n'avait été aussi rapide  à m'accorder une bourse d'études.
       Mes études furent complètement bouleversées par une nouvelle fièvre de poésie.  J'ai essayé d'écrire.  Personne ne croyait dans mon talent.  Je faisais aussi des paroles pour les chansons de mes jeunes frères.  Une version de No where man ,des Beatles devint:
                             C'était un homme bohème
                             sans famille, sans patrie,
                             qui parcourait sans relâcje
                                    l'univers.

                                Par amour de la liberté
                                il n'apprit aucun métier
                                faisant mille petits travaux
                                     par le monde.

                                  Homme libre de la terre
                                  ton pays est ta planète
                                  et tous les hommes
                                         ta famille.

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     jean simoneau
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Un sourire d'enfer 2
    L'hebdomadaire abandonné, l'équipe s'est aventurée dans la rédaction de petits livres d'histoire  locale, projet qui a dû être aussi laissé pour compte.  Le gars engagé pour s'occuper de la publicité n'était pas ce qu'il y avait de plus honnête, ce qui précipita la fin de ce travail.,
     J'étais un assez bon vendeur, mais je détestais cet empoi.  À nouveau chômeur, je suis retourné chez moi jusqu'à ce que mon père m'avertisse qu'à mon âge, je devais gagner ma vie puisqu'il ne pouvait pas subvenir à ses besoins jusqu'à la fin de mes jours.  J'étais majeur.  Il avait absolument raison.
    Je suis reparti pour Québec et la pension Gosselin.  Le plaisir laisse toujours un goût de retour.
     Il était essentiel pour moi de cacher aux autres mes penchants naturels : j'en avais trop honte.  Je voulais oublier le passé, la prison.  Je faisais, malgré ma révolte, des efforts surhumains pour me réhabiliter.  Dans cet esprit, j'ai décidé de retourner à l'école.
     Après de longues démarches, j'ai été accepté à l'école Jean-François Perreault.  Le désir de servir, bien caractéristique chez tous ceux qui veulent se convertir, m'attirait bien des sympathies.
     J'ai été élu à la vice-présidence de l'assocaition des étudiants de l'école.  Je prêchais la responsabilité sociale. J'en arrachais en maudit pour survivre.  M. Gosselin , qui au début, ne m'aimait pas plus qu'il ne le faut,  se prit petit à petit d'admiration pour mon courage.  Il ne comprenait pas pourquoi il m'était si difficile de concrétiser ce besoin d'apprendre pour mieux servir mes semblables.  C'était un très brave homme au-dessus des mesquineries sociales.
     Cette année ne fut marquée que par un incident : le samedi de la matraque.
      À cette époque, j'étais encore bien naïf et surtout un bon petit fédéraste.  Je voulais servir mon pays.  Tout ce que je connaissais du mouvement indépendantiste  était ce que l'on entendait dire avec méris à Québec : « c'est un groupe de gens qui veulent nous forcer à parler en cul de poule comme les tapettes de Radio-Canada.»   Ce n'était très respectueux, mais c'est tout ce qu'on en disait.   Québec a toujours trâiné de la patte sur le plan de l'évolution politique.
      Il était de plus en plus question de la venue de la reine, visite qui était fortement contestée par le groupe de Pierre Bourgault, chef indépendantiste de l'époque.
      Si je n'étais pas encore en faveur de la séparation du Québec, une idée nouvelle qui croissait surtout à Montréal, et qui n'existait pratiquement pas dans l'esprit des gens de Québec, j'étais un fièvreux partisan de l'indépendance du Canada vis-à-vis l'Angleterre.
      Devant la montée des protestations, j'ai fait accepter par les étudiants de l'école d'écrire à sa majesté, soulignant qu'elle parlait mieux le français que la très grande majorité de nos ministres fédéraux.  Je voulais juste calmer le jeu, en attirant l'attention sur la piètre figure du français à Ottawa.
     Cette lettre fut interprétée comme un serment de fidélité à la reine à un point tel qu'un journal de Toronto prédisait que le jeune auteur de cette lettre serait un jour un personnage important du gouvernement canadien.  Le samedi se passa dans un massacre sans précédent de la population par la police.  L'association étudiante a blâmé sévèrement cette effusion de sang inexcusable, mais cette fois, personne ne remarqua l'intervention.  
     En cadeau de Noël, les quelques étudiants indépendantistes me firent remettre un Union Jack, drapeau national de l'Angleterre.  J'étais navré que l'on interpète aussi mal mon geste qui voulait souligner simplement qu'il faudrait d'abord se faire respecter comme francophone dans le gouvernement canadien. 
       J'étais assez stupide que j'étais d'avis, cette même année, que l'on arborre le « nouveau » drapeau canadien parce que ce geste représentait à mon sens un début de changement : les anglais comprenaient enfin que les Québécois ne sont pas des trous-de-cul.   Si j'avais su que la feuille d'érable a été choisie rouge par mépris des Québécois, j'aurais sûrement pensé autrement. 
       La deuxième session fut plus difficile à réussir, même si j'avais démissionné de la vice-présidence pour ne m'attaquer qu'à mes problèmes de finance..
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Un sourire d'enfer1 (roman)

À mon grand ami, le poète et compositeur
GABRIEL CHARPENTIER.
                          Partie 1

1963.-
   Pour se débarasser de moi , les libéraux avaient réussi à me faire incarcérer trois mois pour mes activités amourajeuses.  Ces trois mois de prison se sont traduits par un retour à la religion.
      À ma sortie, j'ai travaillé une année à la Dominion Textile, à Magog.  J'essayais aussi sous l'impulsion de la pièce, El Condor, de créer mon propre mouvement religieux.  Les Disciples de la Croix n'ont pas fait long feu.  Le temps de rencontrer un petit gars qui m'incendie l`âme.
        Durant cette année, je demeurais avec mon père .  J'apprenais à le connaître et à l'admirer.  C'était un homme très généreux, aimant l'humour et la politique.  Il travaillait à l'extérieur pour assurer la survie financière du magasin dont il était propriétaire à Barnston, depuis de nombreuses années.
                                         - 1 -


    À ma surprise, mon ex-patron de Lac-Etchemin fit appel à mes services pour créer un nouvel hebdomadaire dans Limoilou, à Québec.      
     Québec, c'était  le retour à la vie normale.  Le déracinement. Adorant le journalisme, je ne pouvais refuser une telle occasion. 
      À mon arrivée à Québec, je me suis mis à la recherche d'une chambre et pension. 
      Après quelques coups de fil, j'avais retenu différentes adresses et rejeté d'autres.  Je ne voulais surtout pas me rendre où la dame semblait autoritaire et bizarre au téléphone :elle rresusait de me dire le coût de la pension sans que j'aie d'abor vu la chambre.  Je me suis mêlé dans mes papiers.  J'ai sonné exactement chez elle.  Trop gêné pour refuser, j'ai accepté de partager la chambre avec un jeune Français.
     Mme Alice Thibodeau Gosselin louait chambre et oension aux immigrants.  Cette annonce dans le journal fut l'unique tentative pour y attirer des Québécois.  Quelle coïncidence !  Cette dame , de qui je veux absolument rendre hommage joua par la suite un rôle extrèmement important dans ma vie.
          Elle avait un fils et deux filles : Maurice, Colette et Roxanne.
     Son mari était très reliigeux.  À prime abord, il semblait dur, mais l'expérience me le fit connaître sous un meilleur visage.  
     Je rejetais son besoin de discipline et le fait qu'il semblait préférer dieu à sa fille aîtnée ;  mais quelque chose m'attirait en lui, quelque chose comme la sagesse et la sincérité.
      Colette s'asmouracha de moi.  J'étais, à la fois, son confident, le révolté, le bouffon.  L'enfant à la quête de tout ce qui s'appelait plaisir et jouissance, entre deux enseignements religieux.  Je ne pouvais pas envisager avec elle autre chose qu'une amitié; car, je cherchais plutôt désespérément un petit gars à aimer.  Je me suis contenté de lui expliquer que pour des raisons personelles, il nous était impossible de se marier.
      Mon expérience au journal était très importante.  Elle m'assurait qu'un jour il me serait possible de vivre normalement. 
     Dans mes moments de loisirs, les français se déconstipaient lentement.  Au lieu de brailler, je réapprenais à rire.  Nous ne pensions qu'à courir les files et jouer des tours. 
      Aussi, dans un magasin , je fis longuement chercher l'objet dont j'avais besoin pour exercer mon nouveau travail.  Le commis impatient me fit avouer mon nouveau métier : cambrioleur.   Fallait voir la face du pauvre commis.
         Une autre fois, costumés, nous avons parcouru les principales rues de la ville avant de nous rendre voir une comédie.  Nous avons tenu la vedette autant que le film.
         Petit à petit, j'oubliais ma conversion et je laissais à nouveau s'exprimer le révolté. 
        L'expérience jouranalsitique fut de courte durée : le jouranl ne se finançait pas.  J'était trop moche dans la vente des annonces pour lui permettre de faire ses frais.
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Complot ou paranoïa ?
        Il y a peu de temps, on apprenait aux informations de Radio-Canada, la création d'une escouade spéciale contre le terrorisme au Québec.  Personne n'avait entendu parler de terrorisme au Québec d'où ce besoin sortait-il ?  Le fédéral avait-il trop d'argent pour renforcer la prétendue sécurité qu'il devait lui-même organiser ses attentats pour justifier une recherche chez les nationalistes québécois  ?  Pas d'attentats pas d'escouade.  Il faut bien justifier ces dépenses.  Aussi dernièrement, y a-t-il eu un attentat à Trois-Rivières.  N'est-ce pas curieux ? 
       On se rappelle que les poseurs de bombes ont souvent  été identifiés à la GRC.  La violence justifie la répression. S'il n'arrive rien, il faut bien en créer un peu pour se donner le droit d'aller à la pêche... de perquisitionner, d'arrêter, d'interroger .  Le passé est garant de l'avenir alors qu'on ne vienne nous faire croire que cette possibilité là n'existe pas .  Vous remarquerez que ça arrive au moment où le Parti québécois a des chances aux prochaines élections et que les mouvements citoyens pour l'indépendance ont retrouvé la voix.  Le plus drôle la reine parle de défendre les droits de la personne et n'arrive même pas à faire respecter le Québec par le fédéral.  La censure n'a jamais été aussi présente.  Belle démocratie !
       La violence est partie intégrante avec la peur et la religion du pouvoir.  L'argent est entre les mains des banques et des multinationales et ces instruments de domination ont pour but de contrôler le peuple. 
       La vilence est les meilleur instrument que posède le système économique  pour justifier de nouvelles entrées d'argent.  Une crise , c'est toujours payant pour ceux qui sont déjà riches -- ils payent moins d'impôts et reçoivent  plus de subventions.  D'autre part, le syst`me judicaire est là pour s'assurer  que tous le monde est à la place que la société lui a assigné. Les riches sont plus puissants car ils ont pouvoir d'investir dans les lois qui protègent  leurs profits  et peuvent  même infliuencer ceux qui les font.  Ils peuvent en même temps boire aux profits de ceux qui les contournent -- le travail au noirm la pèfre--.  Le plus payant c'est .    une zone grise entonnoir, car elle oriente toujours les profits dans les poches des mêmes riches et maîtres du pouvoir.
          Créer un climat de violence, c'est donner l'occasion au gouvernement fasciste de renforcer la sécurité des gens, mais quels gens ?   Plus les gens ont peur, plus ils se rangent à droite.  Les médias sont d'ailleurs là pour penser à la place de ceux qui n'ont pas le temps de réfléchir et d'aller voter.
           Aussi bizarre, le mari de Michaël Jean fait une profession de foi fédéraste tellement incompréhensible qu'on peut se demander s'il sait lui-même ce qu'il veut dire.   C'est évident que si tu te promènes dans les milieux francophones hors-Québec avec la Gouverneur générale qu'il y aura beaucoup de francophones.  Le problène n'est pas là : ils n'arrivent pas à se faire respecter dans leurs droits et obtenir les mêmes services que les anglophones.  Il serait mieux de laisser sa belle job d'époux et d'aller voir ce qui se passe vraiment avant de parler.  À moins qu'il cherche lui aussi une fiole quand Michaël ne sera plus gouverneur.  Un symbole hautement colonialiste, qui coûte encore 1.1 million. 
           Quand les fédérastes se sentent menacés, ils inventent des situations pour éduquer la population.  Ils ont les moyens de se payer des scénarios...  C'est ainsi par exemple qu'ils refusent toutes les lois venant du Bloc Québécois pour faire croire qu'il est inutile et de mauvaise foi.  Belles bandes de salauds ! Et, on se laisse endormir.
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Le temps d'agir 47 (conclusion et fin)
Le temps d'agir, les éditions d'ici et d'ailleurs, Val-d'Or, 1991. Éditeur: Jean Ferguson.

                             CONCLUSION

   Je ne m'attends pas à ce que le premier ministre et le chef de l'Opposition acceptent mes propositions.  Leurs petits intérêts politiques les en empêcheront probablement.
    Par contre, je crois dans l'intelligence et l'honnêteté des Québécois, autant libéraux que péquistes.  Je suis certain que ce compromis pourrait prendre une large place dans le coeur de toutes les personnes pour qui l'intérêt supérieur du Québec n'est pas seulement économique, mais tout aussi culturel.  Pour qui la langue française est encore une valeur importante.  C'est pourquoi, je pense que ce travail ne sera pas complètement inutile.  Il permettra peut-être un certain rapprochement entre les Québécois de différentes tendances politiques.
      Je suis convaincu que la démarche que je propose correspond à celles des libéraux honnêtes et de péquistes qui croient que la souveraineté exige un cheminement de toute la population.  Cela ne va pas aussi vite qu'on le voudrait parfois, mais le Québec semble vraiment en marche vers son indépendance.
      Si parfois, M. Bourassa , par miracle, démentissait mes craintes et prenait la décision d'état de réaliser les changements dans la répartition des pouvoirs, selon le rapport Allaire bonifié ou de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec ou des élections, advenant le rejet par le Canada de ce minimum vital pour nous (tout en essayant pas de nous duper avec les milionnièmes dernières chances avancées par le fédéral); je suis bien prêt à m'excuser de l'avoir si dûrement dénoncé et me battre sous son drapeau en vue d'un Québec indépendant ... mais j'en serais terriblement surpris puisqu'il nous a affirmé au lendemain du congrès de son parti qu'il est fédéraste.
      Quoiqu'il en soit, l'important c'est qu'un consensus s'établisse , à savoir, l'application intégrale du rapport Allaire bonifié ou l'Indépendance.  Plus le consensus sera large, plus le Québec sera fort.
     Et, s'il est vrai, comme l'ont affirmé les spécialistes en droit international à la Commission Bélanger-Campeau, que nous ne serions pas obligés, étant donné les antécédents sur la scène internationale, de remettre notre part de la dette nationale du Canada, nous serions fous de ne pas proclamer notre INDÉPENDANCE, car, nous serions alors beaucoup plus riche et beaucoup moins endettés.
NDLR :  D'ailleurs, le Québec  a été forcé en 1840 de participer au  remboursement de la dette de l'Ontario, malgré son opposition , ce remboursement pourrait être exigé par le Québec au Canada .  Québec pourrait demander qu'on lui remette ce qu'il a payé, plus les intérêts.... plusieurs milliards...
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Qui provoque qui ?
Qui provoque qui ?

La veille de la fête du Canada, Bruno Hébert, a été intercepté par la police de Magog ,car il souhaitait se rendre à l'entrée du parc où se déroulait la fête du Canada , le lendemain à Magog, avec une pancarte, question de faire réfléchir les gens sur les motifs qui nous inciteraient à ne pas fêter le Canada en 2010. Il devait être accompagné d'un autre membre du Réseau de Résistance du Québécois.

« Il n'était pas question d'intimider ou de provoquer qui que ce soit, mais de permettre à ceux que ça intéressaient. de réfléchir sur l'opportunité d'une fête du Canada au Québec. Le Québec n'étant pas inclus dans la Constitution canadienne, celui n’en fait donc pas partie. Pourquoi alors fêter un pays dont on est pas citoyen ? », de demander M. Hébert.

Par ailleurs, lors de cette interception, la police de Magog (arrivée dans deux autos patrouille, comme si je venais de dévaliser une banque)a fait savoir à M. Hébert que la police locale considérerait cet évènement comme une forme de provocation , car il a des anglophones qui pourraient ne pas aimer ça. Ils l’ont averti qu’ils se saisiraient de ses pancartes et qu’il recevrait une amende .

Devant une telle situation, M. Hébert a décidé de ne pas exercer son droit démocratique de manifester pacifiquement. « Sommes-nous dans un état policier ?, de se demander M. Hébert.

M. Hébert a terminé en disant qu’il se demande qui provoque qui -- puisque . comme on le sait, les fêtes du fédéral sont une commandite fédérale, payée à même nos taxes. -- Le fait de tenir une fête du Canada au Québec, juste pour montrer la présence fédérale chez nous, c’est ça la vraie provocation.

M. Hébert est d'avis que tout le monde peut fêter ce qu'ils désirent, mais que nous avons aussi le droit de dire pourquoi nous ne voulons pas fêter le Canada.

Magog , 2 juillet 2010.

Le temps d'agir 46 (essai politique 1991)

Le temps d'agir, les éditions d'ici et d'ailleurs, Val-d'Or. Éditeur : Jean Ferguson.

                         LA TRAHISON DE ROBERT BOURASSA
      Le sénat est un luxe qui nous coûte une fortune et ne rapporte rien.  Il est surprenant que le gouvernement Bourassa refuse d'exiger son abolition comme le souhaite certainement une bonne majorité de Québécois.
      Pourtant , dans les négociations sur l'entente du Lac Meech, M. Bourassa était encore prêt à trahir le Québec pour sauver le Canada.
      J'ai fait parvenir la lettre suivante qui n'a pas été publiée elle aussi :
      « Si vous avez encore le moindre respect pour le mot démocratie, vous déclencherez des élections référendaires, cet automne, avant de participer à une deuxième ronde constitutionnelle.
       Le temps nous confirme qu'en vous rendant à Ottawa, vous avez trahi le mandat que vous avez confiez à l'Assemblée nationale , en acceptant de diluer la notion de « société distincte » , grâce à un avis juridique.  En plus, sans en avoir le mandat, vous vous êtes engagé à discuter des points vitaux concernant l'avenir du Québec :  1- Le sénat. Cela engage directement notre poids politique à l'intérieur du Canada.  Le sénat devrait disparaître ou être élu, car c'rest une dépense inutile d'un million par année.  2- La clause Canada ( la capacité d'Ottawa d'intervenir en matière linguistique au Québec) 3-  Le sort des minorités.  L'obstruction à l'accord du Lac Meech repose fondamentalement sur l'intention du Canada à mettre le Québec à sa place en matière linguistique.
      Puisque vous n'avez pas de mandat dans ce domaine et que vous avez fait votre lit dans le nid fédéraliste ( allant jusqu'à l'imposer, sous prétexte que vous êtes en autorité de prendre les décisions ), seules des élections référendaires pourraient assurer un régime démocratique.  Si vos positions ne représentent plus celle de la majorité des Québécois, vous devez, en appeler au peuple.  Nous ne sommes pas en dictature.
    De plus en parlant de vote pour le sénat, vous prenez les Québécois pour sept millions de crétins. car, après trois ans, le gouvernement fédéral peut agir de façon unilatérale.
      Il n'y a qu'un moyen de manifester un minimum de respect des Québécois : une élection.  S'ils partagent vos vues, ils vous rééliront ... » 
            
                   LA COUR SUPRÊME = UN RÉGIME POLICIER


       La Cour Suprême est devenue plus importante que le Parlement, même si personne n'est élu.  Cette Cour dicte notre façon de vivre et nous impose ses valeurs.
        J'ai aussi décrié cette institution qui nous porte à croire que nous vivons dans un régime policier.  Voici ce texte refusé :
       « Je suis étonné , Mme Castairs, que vous préconisiez que l'entente du Lac Meech, soit d'abord interprétée par la Cour Suprême.
       Le Canada est-il dirigé par la Cour Suprême ou par le gouvernement fédéral et celui des provinces ?
       La fameuse clause de «société distincte» ressemble aux lois de Robert Bourassa ( 22 et 178) : elles ont un titre ronflant et un texte qui contredit le but annoncé dans le titre.
       La loi 22 annonçait que le Québec serait français... mais si l'on en juge par la décision de la Cour Suprême concernant Rouyn-Noranda, le Québec est encore bilingue puisqu'aucune loi n'est constitutionnelle si elle n'est pas traduite de façon à être en français et en anglais.  Ce cas s'appliquera-t-il aussi à Sault-Ste-Marie ? 
      Il est surprenant de constater que le premier et le seul maître du pays n'est pas le parlement, comme le veut tout régime démocratique, mais la Cour Suprême, car elle peut rejeter une loi du parlement.  Son rôle devrait pourtant consister seulement à interpréter les lois, informer les législateurs à savoir si elles sont conformes à ce que veut vraiment le législateur et à la tradition judicaire du pays afin de s'assurer qu'il n'y ait aucune distorsion dans l'interprétation que l'on fait de la loi et de la volonté réelle du législateur qui l'a créée.
        Le Parlement , si on ne vit pas dans un régime policier dont les vrais patrons sont les juges de la Cour Suprême, doit légiférer , orienter la vie en société.  La Cour ne doit veiller qu'à ce que les lois ne se contredisent pas et ne contredisent pas les voeux du parlement.  Les juges ne sont pas élus.  Ils n'ont aucun droit de décision.  Ils sont là pour interpréter , voir à ce que les lois soient claires et cohérentes .  Rien de plus.  Pourquoi la Cour Suprême remplace-t-elle le sénat ? 
                                       LA CENSURE
      Être ainsi censuré, ne m'empêche pas de vivre, mais c'est frustrant et à mon sens fortement anti-démocratique.  À quand le journal qui publiera quelques pages de lettres ouvertes pour donner la chance à tout le monde de d'exprimer.

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Le temps d'agir 45 (essai politique 1991)

Le temps d'agir, les éditions d'ici et d'ailleurs, Val-d'Or. Éditeur : Jean Ferguson.

                       L'hypocrisie de l'amour canadien...

    Depuis quelques temps, nos amis du Canada anglais nous crient leur amour à travers les lettres ouvertes dans les journaux afin de contrer l'impression que les décalrations anti-Québec de leurs gouvernements et les manifestations anti-québécoises sont sporadiques et minoritaires.
    Pourtant, ce sont ces gestes à travers le Canada qui nous indiquent le véritable état d'esprit de la majorité canadienne à l'égard du Québec et du bilinguisme chez eux.
     Le seul geste d'amour qui pourrait nous toucher serait que vos gouvernements, dans un geste de générosité, accordent immédiatement et sans réserve les mêmes droits et privilèges, qui sont accordés aux anglophones du Québec aux francophones hors-Québec.  Là, nous aurions une preuve tangible que des choses peuvent changer.  Qu'attend l'Ontario pour se déclarer une province bilingue ?
     Malheureusement, nos journaux nous présentent toujours comme des racistes.  Il serait temps que vous nous prouviez votre amour en forçant vos gouvernements à mieux traiter la majorité française.
                           LA LIBERTÉ DE PRESSE N'EXISTE PAS.


      Quand Pierre Bourgault a osé entrevoir que dans les premières années de l'indépendance une certaine censure devra peut-être être exercée pour éviter des campagnes de déstabilisation, M. Marcel Adam, éditoriatiste de LA PRESSE, a lâché des grands cris.  Je lui ai fait parvenir une lettre d'opinion qu'il n'a jamais évidemment été publiée.  En voici donc la teneur :
      « Je vous trouve bien hypocrite, comme porte -parole de Power Corp, de Paul Desmarais, de nous faire la leçon sur la liberté de presse.
       D'abord, un éditorialiste  est toujours la marionnette de ses patrons.  Et, nous savons tous que Paul Desmarais est contre l'Indépendance du Québec.   
      En 1972, LA TRIBUNE de Sherbrooke m'a indirectement congédié en refusant de publier un dossier traitant d'un cas de patronage du parti Libéral dans l'Estrie.  Toutes les preuves y étaient.
      On a même, à cette époque, essayé de me priver d'assurance-chômage , sous prétexte que j'avais démissionné.  En fait, j'avais sommé le journal de publier le dossier ou sinon, d'accepter ma démission, car , je ne pouvais souscrire à une telle manipulation de l'information en faveur des libéraux.
      Dans la cause, au Cente de la main-d'oeuvre de Sherbrooke, les juges de la Commission ont reconnu que je n'avais pas le choix : je devais laisser mon emploi puisqu'à son avis, le journal ne respectait pas, s'il ne publiait pas le dossier litigieux, un élément qui me semblait essentiel à la démocratie : la liberté d'expression.  C'était une question d'honnêteté intellectuelle.
      Je retrouve dans vos propos la malhonnêteté des hommes politiques des années 1970 où tout était fait pour confondre un mouvement de gauche (FLQ) avec le PQ.  Deux groupes qui n'ont rien à voir ensemble.  Ces journalistes et politiciens étaient de la même race que ceux qui se servent de l'économie pour faire peur aux Québécois.  
       Power Corporation ne peut pas se vanter d'avoir toujours été le véhicule de la liberté de presse.  Des dossiers prouvant sa manipulation de l'information sont très épais.
       J'ai moins peur de la liberté de presse dans un Québec indépendant qu'entre vos vos mains «idolâtres» du «fédéralisme à tout crin» .
       Vous jouez le jeu de la crise de la loi 178, de Meech et de son pendant la crise d'Oka, acceptée par le fédéral pour déstabiliser le Québec, en faisant passer le Québec pour un pays fasciste, en vous évertuant à défendre un fédéralisme qui nous a toujours historiquement desservi.
       Si vous croyez que les fédérastes ne peuvent pas se rendre plus loin, je vous assure que personnellement  je n'en doute pas.  J'avais averti des journaux que l'armée devait être au Québec cet été... je ne m'étais pas trompé, mais je n'avais pas pu prévenir le scénario indien ...
      Aussi, ne pas parler des publications (livres) faites au Québec, pour ne vous arrêter qu'aux titres venus de France, refuser de publier les lettres ouvertes, sous prétexte d'un manque d'espace, alors qu'il y a des dizaines de pages inutiles dans LA PRESSE, c'est aussi une forme de censure.
       Je serais surpris que vous publiez cette lettre, mais je la ferai connaître en temps opportun.»

                  LA LIBERTÉ DE PRESSE VS LA CRISE D'OKA 
    
       Qu'on le veuille ou non, la crise amérindienne a pris fin avec la décision de l'armée d'éliminer toutes les communications, hors le téléphone rouge.  
       Évidemment, certains ont crié que la liberté de presse a été bafouée.  Cela aurait été très pertinent si les Warriors n'avaient pas eux-mêmes dressé une liste des « bons journalistes» ... et si les militaires n'avaient pas toujours été blâmés de se défendre.
      Il est extrêmement étonnant de constater que tous les journaux sur cette liste, intéressés à vivre la crise de l'intérieur, étaient tous anglophones. Était-il préférable de laisser gonfler la note de la crise déjà rendue à 70millions $ ; puisque de toutes façons, tout ce que Québec faisait était interprété comme un geste raciste ?
      Sans être paranoïaque, il semble évident que les médias anglophones poursuivent « leur» lutte qui semble tenir autour d'un thème majeur depuis déjà 10 ans : tout faire pour faire croire que les Québécois sont racistes, et surtout, faire ressortir qu'advenant l'Indépendance du Québec, les minorités seront maltraîtées au Québec.
       Il s'agit du seul argument que le fédéral peut maintenant invoquer pour nous refuser le droit à l'autodétermination :  protéger la minorité anglophone du Québec contre les très méchants francophones racistes, qui veulent conserver leur culture. 
       Il est donc urgent que le débat soit porté au parlement fédéral.  Le Bloc Québécois devrait immédiatement se battre pour faire reconnaître ce droit.  Cela serait certainement plus pertinent que la crise du sénat, cette institution anti-démocratique et stérile, qui devrait être abolie le plus vite possible.
©  Tous les droits réservés
      jean simoneau 2010
      http://jeansimoneau.com                   

 
 

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