Grâce à la reine, on est encore une colonie ! Comme le Kosovo Je ne savais pas qu'il fallait être parmi les martyrs canadiens pour avoir droit à notre indépendance. Je pensais qu'il suffisait d'être une colonie qui décide de devenir autonome, le plus pacifiquement possible. Que les fédérastes aiment ça ou pas, c'est exactement ce que nous sommes : une colonie d'Angleterre. Faut-il essentiellement devoir créer une guerre civile pour avoir droit à devenir un pays ? En quoi la lutte pour notre autonomie actuelle est-elle différente du combat des patriotes de 1838 ? L'Angleterre ne nous a-t-elle pas fusionnés de force, en nous obligeant de payer la dette de l'Ontario ? Le colonialisme canadien est un fait historique. Octobre 70 le prouve. Ce n'est pas parce que le grand PET a signé le retour de la Constitution et ajouté une Charte des droits que nous ne sommes pas, dans les faits, une nation colonisée. Effectivement, l'armée canadienne est encore sous le commandement de la Gouverneur générale, Mme Michaël Jean, représentante en titre de la reine d'Angleterre. Pour une fois, je suis content que le Canada soit dominé par la reine ! Ça prouve notre lien de colon. D'autre part, sur un plan économique, le Canada anglais a toujours vu à ses intérêts, oubliant le Québec. La centralisation fédéraste va à l'encontre des intérêts du Québec. L'histoire est encore là pour le prouver. D'ailleurs, la Cour Suprême a reconnu l'obligation pour le Canada de négocier avec le Québec, advenant un résultat positif à un référendum sur l'indépendance du Québec. Le refus d'Ottawa démontre seulement sa mauvaise foi. Pire, l'anglicisation galopante de Montréal prouve que sans l'indépendance nous assistons au génocide culturel des Québécois francophones. Voulons-nous exister ? Pourquoi acceptons-nous que le fédéral ne respecte pas notre gouvernement, sous prétexte que nous sommes qu'une province comme les autres. C'est pourquoi nous voulons le plus vite possible devenir un pays comme les autres.
Cette époque fut très importante à bien des points de vue. J'apprenais qu'il est possible d'avoir des amis, même si toute ton âme est dirigée vers les petits gars. Mes relations étaient franches et ne souffraient pas l'hypocrisie vomie dans l'Homo-vicièr. Tout était poésie, peinture, musique Un fleuve d'énergies vitales : amour , rire, beauté. Les femmes-mères me faisaient confiance parce qu'en sachant mon orientation sexuelle , elles pouvaient mieux s'assurer que leurs petits étaient bien en ma compagnie. Elles leur faisaient confiance puisque ta sexualité n'appartient qu'à toi. Ainsi, savoir que je suis amourajeux permettait de parler franchement de ce qui se passait entre moi et jes jeunes. Elles pouvaient en parler franchement avec leurs fistonss sans déclencher de drame. Elles pouvaient leur faire part de leur morale, tout en les laissant libres de juger par eux-mêmes. C'était beaucoup mieux ainsi. La vérité est préférable au silence de la censure. Personnen ne paniquait ou ne paranoïait à cause de ma réalité. Elles me disaient franchement ne pas partager mon point de vue, mais qu'elles le savaient, ce qui leur permettait d'avoir la vérité sut tout ce qui se passait en discutant avec leurs fils. Puis, j'ai connu la marijuana. Fumer était presqu'un rite sacré. J'adorais cette nouvelle dimension. Ce miroir qui révèle un aspect de la vie qui demeure inconnu sans cet artifice . Petit à petit, le pot devint un instrument pour mieux saisir la musicalité de la poésie, la richesses des structures et des images. La mari eut des retombées d'abord très positives. Elle transforma, grâce aux contacts de meilleurs poètes que moi, toute ma perception poétique. Gelé, j'étais méditatif ou rieur. Contrairement à ce que m'avait dit mon psychiatre, je n'ai jamais cherché à dépasser le stade de hashish. J'avais peur. Je me trouvais assez fou pour ne pas risquer de le devenir plus. Trop fumer me rendait encore plus paranoïaque. Je ne voulais pas me brûtler le cerveau comme des milliers de jeunes l'ont fait depuis. Chapitre 2 Au Québec, pour réussir, il fallait être malhonnête.
Au début de l'année 1970, tout était centré sur Réjean. j'aurais voulu que notre amitié soit rétablie comme au début dans toute sa pureté et sa force. Réjean ne semblait pas partager cet avis. Quand je le visitais, il faisait tout ce qui est inimaginable pour attiser ma jalousie. Il prenait un vilain plaisir à jouer au billard avec un nouveau pensionnaire et agisssait comme s'il était très large d'esprit. Il profitait de mes scrupules pour me montrer que j'étais plus niaiseux que son nouvel ami. Sa démarche semblait dire : il n'est pas qu'un tas de scrupules, lui. Les jeunes savent très vite comment manipuler l'adulte qui tombe en amour avec eux. Ils savent qu'ils ont tous les pouvoirs. Pour la première fois de ma vie, j'ai été confronté à une réalité difficile à croire , mais bien réelle : les jeunes en connaissent plus sur la sexualité que nous voulons bien le croire, car aujourd'hui, même avec la censure, ils ont des moyens de s'informer et apprendre ce qu'ils veulent savoir. Ils savent instinctivement comment exploiter les sentiments. Il leur suffit de jouer aux innocents devant leurs parents. Réjean, c'était le corps, le centre, la réalité. Je l'adorais comme je le disas dans Re-jean. Réjean, c'était la raison pour laquelle la vie me semblait précieuse et digne de combat. Réjean, c'était mon espoir incarné. Il était l'énergie qui me poussait à la poésie, mon voeu de voir un jour les hommes comprendre que ce lien est plus important que tout autre idéal... L'amour à l'état vierge, un lien plus important que toute autre idéal... L'amour à l'état vierge. Certainement pas chaste, mais pur. Réjean était une vision du monde qui se dessinait, s'expliquait par les autres éléments de la vie. Mon travail me forçait à prendre conscience d'une autre réalité, moins angélique celle-là, la plupart des gens sont exploités, prisonniers d'une structure qui nous condamne à lutter entre nous, les uns contre les autres, comme dans une jungle. Heureusement, Vauxcouleurs (Estrie) est une des plus belle régions que j'ai connues et mon travail me forçait à la visiter, à apprendre que la terre est parsemée de petit Réjean. La Tribune de Sherbrooke m'avait affecté à la couverture des événements régionaux, c'est-à-dire tout ce qui se passe en dehors de Sherbrooke. Elle avait mis une auto à ma disposition pour me déplacer dans la région. La nature et une certaine liberté dans mon travail commençait à me permettre de rêver à un monde dans lequel le bonheur, la sincérité, la franchise étaient des éléments de base. J'étais aussi naïf que les douze ans de Réjean. Émotivement, j'étais probablement un peu déséquilibré , car j'étais trop extrêmiste. Il me semblait impossible qu'il puise exister des gens pour qui la forture, la gloire, le pouvoir, l'argent puissent être plus importants que la vie, la vie humaine, en partculier. Sans le savoir, j'étais profondément chrétien, malgé mon amourajoie. C'était normal avec l'enfance que j'avais vécue. Je rêvais et j'apprenais petit à petit que ce monde idéal n'existe que dans ma tête. Puis, comme l'avait prédit Gaston Gouin, il se mit à faire mauvais sur tout ce territoire.
La décision du gouvernement fédéral quant à l'aéroport international est ce qui venait compléter les raisons pour être à jamais séparatiste. C'était évident que les désisions se prennent toujours en fonction des intérêts du Canada anglais. D'ailleurs, si on lit l'histoire du Québec, on s'aperçoit que si notre peuple a toujours été vaillant, il a toujours eu une bande de putains pour nous empêcher de s'émanciper. Des politiciens qui se prétendent les voix du peuple, des menteurs prédicateurs des intérêts anglophones plutôt que ce celui du vrai peuple francophone. La décision fédéraste était prise par Trudeau et Marchand. Ils savaient que c'était contraire aux besoins du Québec, mais ils s'en fichaient. Je les ai classés , Trudeau, Marchanfd et cie, des vendus. Au lieu de s'améliorer, leurs pareils ont toujours été juste un peu plus dégueulasses, comme les Lalonde et Jean Chrétien. Le Québec vivaient des moments difficiles, ce projet aurait transformé le visage économique du Québec. Ils nous auraient donné une raison d'espérer... mais non, Toronto avait le dernier mot. Quand le fédéral a ordonné une étude, c'était juste pour justifier le choix qui avait déjà était fait : Ste-Scholastique. Smiley Pépin ,qui était ministre fédéral à Drummondville, ne savait même pas l'impact qu'avait ce projet sur sa région. Ce qui prouve bien que ce n'est pas d'avoir des ministres dans un cabinet qui change quoi que ce soit pour une région. Même le projet de St-Jean-sur Richelieu ne fut pas retenu. C'était évident pour moi qu'éconiquement le Canada ne s'arrête même pas une seconde aux besoins du Québec. La vache à lait de la fédération. La crème qui permet au Canada d'avoir un tel train de vie... Furieux, n'est pas le mot... et dire qu'aujourd'hui, on est assez fou pour appeler Dorval, l'aéroport Trudeau. Quelle bande de masochistes ! Une trahison de l'histoire... Pour oublier un peu mon désarroi, je me suis remis à l'écriture. J'ai recommencé à crier dans mes poèmes mon amour pour les petits gars. La fascination qu'exerce leur corps sur moi et mon désir de vivre pour eux et d'eux seulement. Vauxcouleurs, c'était eux. Toute la passion que j'avais pour Réjean se fondait dans cet amour impersonnel que représente le combat pour l'amélioration de la situation socio-économique des gens. Vauxcouleurs, c'était Réjean en désir... Bizarrement, la décision fédérale quant à Mirabel a coïncidé avec les premiers refroidissements entre moi et Réjean. Après une année, Réjean tournait les yeux vers un autre. Cette situation m'asphyxiait la vie. Pour lui dire, j'ai écrit une longue lettre d'amour que les Auteurs Réunis décidèrent de publier. Ce fut Re-jean, un petit récit. Je remis cette longue lettre d'amour au Réjean concerné sous forme de livre , le livre était encore la seule forme de cri que je pouvais lui adresser. Pourtant, ma poésie était rejetée partout. Quand Réjean lut mon récit, il se contenta d'y critiquer ma dernère phrase dans laquelle je disais : « Petit prince, je t'adore». Il était visiblemnent fier d'avoir été la muse de ce texte écrit pour lui spécifiquement, mais il était aussi tellement religieux qu'il ne pouvait pas accepter mon cri d'amour. 5 Gaston Gouin était le seul à trouver une certaine originalité à mes poèmes. J'étais refusé partout. Aussi , quand Gouin organisa sa nuit de poésie au cégep de Sherbrooke, il ne manqua pas de m'inviter. Je faisais face à un public pour la première fois. J'étais convaincu d'être mal reçu puisque je terminais mon récital en proclamant de toute évidence et sans cachette, mon amourajoie (pédérastie). Pourquoi pas toi ? Si tu le veux dès demain tous les deux nous irons au banquet chez Satan des amants favoris du feu.
Je boirai sur et par ton corps le sang blanc de ta jeunesse dans le mot , j'imortaliserai ce rite.
Abandonne-moi tes lèvres laisse sur ton corps sous ma main t'introduire à l'extase.
Ne dit pas non trop vite le bonheur est le plaisir le plaisir serait mes mains, mes lèvres sur ta courte verge.
4 Je m'étais installé chez ma tante Aurore et son fils. Un dimanche soir, en retournant à la maison, j'ai rencontré un splendide petit garçon. J'ai lutté avec lui. Il était léger comme une plume et s'abandonnait dans mes bras avec une espèce d'appel à l'embrasser. Ses yeux flambaient de désir et ses lèvres peu entrouvertes m'offraient la résurrection. Cette soirée, pourtant insignifiante pour la plupart des gens, a été le moteur de tous mes désirs, mes actions, une année durant. Le soir et le matin, je déambulais dans le parc où je l'avais rencontré dans l'unique espoir de le revoir. La vie des amourajeux est souvent un rêve qui s'est manifesté quelques secondes dans la réalité. Un rien prend l'allure d'un univers. Une explosion de la sensibilité. Le bing bang individuel. Il s'était offert à moi comme une fleur. L'amour reprenait place. Encore une fois, j'étais toute sensibilité, à l'écoute de la vie, à la recherche de la beauté. La vie à travers le corps des gamins n'est-elle pas à la fois une communion et une préscience de ce que sera le paradis ? Une explosion se produisait en moi. Un miracle était encore possible. Je n'étais pas tout à fait mort à l'amour.. Un samedi, en me rendant à Québec; j'ai fait connaissance avec Réjea. Ce fut la folie la plus belle de ma vie. Réjean prenait la place de Daniel, il était la réincarnation de l'ange rencontré à Sherbrooke. Je l'adorai immédiatement entre deux remords, fruti de mon éducation. Réjean devait avoir environ 12 ans. Comme tous ceux de son âge, il ne fut pas long à comprendre ce qui se passait et ce que je désirais. Hésitant et scrupuleux, Réjean ne se laissait pas toucher; mais il savait comment me rendre fou de lui, me posséder, me faire fléchir, ramper à ses désirs. Ce fut un coup de foudre. Une explosion gronda dans mes yeux, dans mes doigts. Réjean devenait la lumière, la pierre philosophale. Mon âme dansait, retrouvait sa légèreté, et pourtant en même temps, j'étais envahi d'une foule de scrupules : je ne pouvais pas salir une telle beauté. Pour rendre suspect un si beau désir, des gestes aussi naturels, seule la religion peut nous corrompre à ce point en nous lavant le cerveau dès notre enfance. J'avais peur comme en prison de lui faire du mal. Je l'adorais trop pour oublier que la chasteté est une déviation maniaque, une maladie religieuse qui s'imaginent que Dieu est contre la beauté de la sexualité. Il a pourtant lui-même crée le corps. Je frémissais entre deux désirs comme un piano sous la main d'un grans Maître. Un appel d'âme à âme, d'énergie à énergie. La fascination d'une beauté d'u autre ordre que celui de la matière. Un appel à boire la beauté et l'innocence, c'est-à-dire l'absence de restrictions mentales.
Re: Un sourire d'enfer10 Félicitations pour le contenu de votre blog, qui au demeurant est très interessant à consulter, continuez, bravo. voyance
Guest @ 2010-07-22
21 Juillet 2010
Un sourire d'enfer9 (roman 1978)
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Ma première année à La Tribune fut sans histoire, sauf, que je m'amourachais vite des gens rencontrés. J'avais aussitôt de l'adminiration et de la sympathie. J'étais ainsi à fleur de peau comme un radar sentant jusqu'aux entrailles les malheurs dont je devais rendre compte dans le journal. J'étais vite bouleversé, peiné, impuissant. L'impuissance, rien de plus difficile à vivre. Lors de mes premières vacances, j''ai cru faire une dépression nerveuse tant les larmes d'un petit bonhomme qui venait de perdre sa mère dans un accident m'avaient terrorisé. Je digérais mal un autre événement : j'avais interrogé un petit gars sur ses réactions quand son petit ami a été happé par une automobile. Il s'était fait arracher la jambe et mourrait quelques heures plus tard à l'hôpital. C'est écoeurant de jouer ainsi avec les sentiments des gens, ce n'est plus du journalisme, mais pour le journal, ma sensibilité était payante. Ce jaunisme allait parfois très loin. Pour avoir plus de détails, j'ai dû interroger un bonhomme qui venait toiut juste de perdre trois amis dans une noyade. Je me rappelle aussi le cas d'un malade condamné à mort à cause d'une maladie de reins. J'étais alors un journaliste estimé des patrons. J'étais assez curieux pour toujours vouloir aller au fond des choses et je devinais assez vite les événements à venir... il me suffisait de quelques indications. Spécialisé à décrire les malheurs des gens, j'ai travaillé peu à peu sur le sort des travailleurs du textile, celui des producteurs de lait, etc. Je faisais pleurer les lectrices, c'était bon. L'insolite a toujours fait vendre des journaux. Certains propriétaires de journaux sont de vrais fossoyeurs afin de bien gaver les vampires qu'ils alimentent. Quelle saloperie ! Hymne à l'amour, le vice, la révolte produisait lentement ses fruits. Le patron m'a indiqué qu'il faut un haut taux de folie pour écrire une poésie comme la mienne. Pour la première fois, j'ai affirmé la nécessité de mes amours illicites pour bien réaliser mon travail. Mes amours sont mon moteur. « Ne vous en faites pas, à chaque fois qu'il y a du jus dans mes reportages, il y a toujours un petit gars qui me fascine derrière l'événement. Plus je suis fasciné, plus les mots viennent facilement. » Ce fut une réponse qui a très vite clos la discution. Rien n'était plus vrai. À chaque ville ou village, j'essayais de rencontrer des petits gars et de découvrir à travers les échanges baignés dans leurs yeux , les bonheurs et les malheurs des habitants de l'endroit. Si un jeune me plaisait j'étais pris d'un espèce d'envoûtement, de frénésie, de fascination. S'il me souriait , c'était l'extase. Une simple communion de regards, un léger vent dans l'âme et cette localité était gravée dans ma mémoire pour des années. J'y retournais souvent d'instinct dans le but inavoué d'apercevoir celui qui m'avait si follement fait tourner la tête. À cette époque, la beauté était des noms et des visages de garçons. Une obsession sans doute absolument folle, mais non dangereuse... La vie, c'était la vibration en voyant la beauté d'un petit corps, la sensation de communiquer , la poésie vivante qui m'envahissait. La flamme du désir inassouvi. Le premier poète à me critiquer sans me démolir complètement fut nul autre qu'Alfred Desrochers. Après avoir lu Hymne à l'amour, le vice et la révolte, Desrochers me fit parvenir une note dans laquelle il disait ni ne me conseiller, ni ne me déconseiller de continuer d'écrire. J'étais fou de joie. L'hommage de cette neutralité venait de haut, mais Guilbert, mon patron immédiat, après avoir lu cette lettre prétendit que M. Desrochers voulait rire de moi, car il avait ajouté à peu près ceci: " Dommage que tu ne sois pas venu avant St-Denis-Garneau, t'as beaucoup plus de couille que lui. " Selon Guilbert, il s'agissait là d'une plaisanterie quant la mon amourajoie. « Desrochers a voulu rire de toi.», me dit-il. Ce livre attira l'attention ( je lui avais envoyé) de celui qu'il est bien convenu d'appeler le leader littéraire régional de cette époque : Gaston Gouin. Gouin, tout en y reconnaissant des faiblesses littéraires, trouvait très courageux d'y révéler mes amours. Je n'ai rencontré Gouin que quelques fois. Il me fit une critique de l'Homo-vicièr et il me it retirer près de la moitié du contenu. Nos divergences politiques refroidirent nos échanges. Il était trop radical pour moi. Gouin admettait la nécessité de la violence pour obtenir l'indépendance du Québec alors que je n'y objectais viscéralement. Pourtant, on me racontra, que cela n'a pas empêché Gouin de choisir Hymne à l'amour, le vice, la révolte, comme lecture de chevet.
Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu'en publiant Hymne à l'amour, le vice et la révolte la police était pour faire enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait -ce que quelques minutes, le temps qu'il témoigne contre moi. J'étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu'à tuer... l'amour est un besoin tellement essentiel : en être privé peut nous déranger les méninges... Mon livre de poésie ne connut pas le succès. Tous les critiques littéraires étaient unanimes : je n'avais pas de talent. « Plus équivoque et pas très prometteur s'annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau ... Enfin, Jean Simoneau nous promet une oeuvre fort abandante et nous prie , sur un feuillet publicitaire, de commander vivement car " le nombre est restreint". Comme M. Simoneau est étudiant, il s'agit peut-être d'une farce, après tout ! » ( Livres et auteurs canadiens 1968, p.114). Villon faisait aussi des farces et il fut pendu. Dans lejournal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n'ai pas de talent , je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne ... (je sais maintenant pourquoi...) Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m'a valu toutes les foudres. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j'avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s'agitait. Écrire un livre t'immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c'était la plus grande preuve d'amour, c'était offrir mon coeur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J'avais oublié d'en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire des oublis aussi stupides ? De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J'en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook. M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l'on cherchait un bon journaliste. J'ai été vite réengagé, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m'embaucher. Sur le plan politique, je n'avais pas évolué, sauf, dans le sens, de l'écoeurement total. D'abord, dans une assemblée libérale, un ex-ministre était venu promettre qu'en reprenant le pouvoir les libéraux créeraient un ministère fantoche dont le patronage serait la fonction véritable. Un autre nous informa de la guerre Lesage-Lévesque. Je n'avais pas compris ce qui se passait avant le congrès des jeunesses libérales où j'ai été informé du projet d'Indépendance du Québec de René Lévesque. J'étais quant à moi plus préoccupé par mon projet visant à nettoyer les moeurs politiques. J'ai pris position pour une espèce de troisième voie, présentée par M. Paul Gérin-Lajoie, projet qui m'apparaît encore aujourd'hui comme étant aussi autonomiste, sans en porter le nom. J'étais délégué au congrès des adultes, mais je n'avais pas les sous nécessaires pour y participer. L'équipe de Jean Lesage m'offrit de payer à la condition de voter contre René Lévesque. J'ai refusé. Je me suis présenté au clan de Lévesque afin d'avoir le financement nécessaire, tout en leur disant que j'avais déjà voté contre le projet de leur chef et que je ne changerais pas d'idée par ce simple soutien financier. Malgré ma franchise, ils acceptèrent. Le congrès était complètement paqueté. Les libéraux avaient sorti tous les petits vieux des hospices pour venir battre le communiste Lévesque. Le projet que j'appuyais fut rejeté. Nous n'avions plus le choix qu'entre le statut quo et l'option indépendantiste. Quand je me suis présenté au micro, tout le monde écoutait. J'étais jeune et , venant de Limoilou, je ne pouvais être que du bon bord. « Entre le satut quo, qui ne va pas assez loin dans les réformes souhaitées et une option qui m'apparaît comme allant trop loin, je ne peux que choisir d'aller le plus loin possible, dans l'intérêt du Québec. Pour cette raison, je voterai en faveur du projet de René Lévesque.» Les protestations fusèrent de partout. Les délégués de comté m'ont aussi vite désigné comme « un traitre». Ils prétendaient même que j'avais infiltré le parti pour appuyer l'Indépendance. Ce qui était absolument faux et débile. J'étais très désappointé du peu de démocratie à l'intérieur de ce congrès. Chose certaine, je n'étais pas genre à appuyer les propositions visant à augmenter le patronage. Je suis allé souper seul, réfléchissant à ce que je devais faire. Lévesque était déjà exclus du parti. Ses supporteurs avaient quitté la salle. De retour au congrès, je suis allé dire à peu près ceci à l'assistance : « Il est évident que j'ai perdu toute crédibilité. Je ne crois plus représenter dorénavant les voeux des membres de mon comté et, par conséquent, je démissionne de la présidence. Cependant, je considère qu'il est urgent, comme le disait M. Lesage, de s'occuper du pain et du beurre et à ce chapitre, je crois, qu'il me sera possible de mieux servir le Québec en demeurant dans le parti. Il faut s'unir et reprendre le pouvoir.» Espèce de cave ! j'espérais toujours que mon projet, référé à un comité d'étude, puisse un jour aboutir à des actions concrètes. J'ai eu droit au seul " standing ovation" de ma vie. Les gens me tendaient la main de chaque côté des rangs comme si j'avais été le chef de ce parti. Kierans et Lévesque me donnèrent l'accolade. Je savais pourtant au fond de moi-même qu'il n'était plus question pour moi de politique active : la foi venait de tomber pour très longtemps. La blessure était profonde. Je ne croyais plus à la démocratie. J'ai écouté les discours . J'ai eu presque mal au coeur d'entendre Pierre Laporte et cies vanter le fédéral. C'était à se demander ce qu'il faisait au Québec. Aussi, suis-je entré une troisième fois à La Tribune. Je n'avais surtout pas l'intention de m'occuper de politique à nouveau. C'était, à mon avis, bien trop sale !
Eh oui. Je suis bien de retour. Mon fils adoptif est maintenant le père d'une magnifique petite fille, nommée Mariam. Jahed,Mehad et Nabila étaient excités d'avoir une nouvelle petite soeur. Un moment de bonheur ponctué par des inquiétudes, mais tout est parfait. Je poursuivrai demain l'écriture de " Un sourire d'enfer" , un texte fait en 1978. Une commande... Il est possible de lire de plus en plus de textes sur ma gage personnelle. Espérons , puisque maintenant je peux compter le nombre de visiteurs que j'en arriverai pas à la conclusion que j'écris pour rien... http://jeansimoneau.com
Je serai absent de chez moi durant une période indéterminée. J'essaierai de continuer d'alimenter mes carnets, mais je ne sais pas encore comment. Disons qu'au pire ce seront mes vacances. Dès que je pourrai, je continuerai de produire ce roman écrit en 1978, En attenedant, il est possible de lire des textes à partir de ma page à http://jeansimoneau.com ou dans rubrique les archives dans cette page...Merci de votre compréhension.
Pour m'en sortir, j'ai travaillé le soir comme placier dans un cinéma, et la fin de semaine, dans un restaurant. J'ai ainsi revu des centaines de fois un film qui m'a beaucoup bouleversé . MONDO CANE. C'était un film traitant à la fois de la misère et des moeurs étranges dans le monde des humains. J'ai commencé, grâce à ce film, à comprendre comment les religions ne sont qu'aberrations mentales, fruits de la peur et de l'ingorance. J'ai terminé avec sucès mes études et l'été, je me suis rendu travailler pour le Journal de Magog. Ce fut la redécouverte de l'écriture. Si, à l'époque de la Tribune, première vague, ma poésie fut celle de la morale et de l'amitié; cet été-là, ce fut celle du repentir. J'étais plus chrétien que le pape. Amoureux d'une jeune fille pieuse, je scrutais masochistement mon état d'amourajeux. J'ai dû quitter le journal parce qu'il refusait de publier toute la vérité sur les coûts d'un projet municipal. À cette époque j'ai appris que mon père, Émile, mon parrain Hormidas Turgeon, et mon oncle, Arthur Simoneau, étaient depuis longtemps des nationalistes convaincus et actifs. J'avais du journalisme, une très haute opinion. C'était une espèce de chevalerie. À mon avis, un bon journaliste se devait à ses lecteurs, plus précisément à la Vérité, au Bien commun. Au péril de sa vie, il devait faire jaillir la Vérité, exposer problèmes et solutions, servir les pauvres en dénonçant leur détresse. 2 Septembre. J'ai voulu continuer mes études à l'école noramle des hommes à Sherbrooke. Je n'avais pas d'argent et le service d'aide aux étudiants refusaient mes demandes. C'était comme au secondaire; pour avoir des sous il aurait fallu que j'affirme que mes parents, en êtres anormaux, m'avaient fouffu dehors du bercail. Je tenais à la vérité, et par conséquent, à la bonne réputation de mes parents. La décision de mon père de ne pas me nourrir jusqu'à 75 ans était pleine de bon sens : il me forçait ainsi à apprendre à compter sur moi même, à me déniaiser un peu. Mes parents me remettaient parfois mes trois mois de prison sur le nez, mais qui ne l'aurait pas fait ? Puisque je comprenais leur attitude sans les blâmer, j'étais de l'avis d'un psychiatre, d'un masochisme maladif. À cette époque, je me croyais vraiment un salaud d'être amourajeux. Je ne savais pas que cet interdit est le fruit d'une savante formule de répression pour mieux abuser des gens. Je n,avais pas encore de morale personnelle. Par hasard, j'ai appris que l'ancien président de la Commission scolaire de Victoriaville, un Monsieur Morrissette, était devenu ministre adjoint à l'Éducation. J'avais travaillé souvent avec lui et ce dernier ne pouvait avoir qu'un bon souvenir de mon professionnalisme comme journaliste. Il n'en fallait pas plus pour que je frappe à sa porte. Il me prêta l'argent pour poursuivre mes études à Sherbrooke. J'ai ainsi renoué connaissance avec les libéraux. Ils étaient au pouvoir et ma seule planche de salut. J'ai pensé que ce n'était peut-être pas aussi vrai que les libéraux aient été derrière mon arrestation en 1963. Après tout, ces gens n'étaient que des organisateurs locaux. Ce fut toute une expérience d'entrer à " l'École Normale de Sherbrooke", sous la protection du ministre adjoint à l'Éducation. Jamais tout n'avait été si bien préparé pour me recevoir ; jamais le prèt d'honneur n'avait été aussi rapide à m'accorder une bourse d'études. Mes études furent complètement bouleversées par une nouvelle fièvre de poésie. J'ai essayé d'écrire. Personne ne croyait dans mon talent. Je faisais aussi des paroles pour les chansons de mes jeunes frères. Une version de No where man ,des Beatles devint: C'était un homme bohème sans famille, sans patrie, qui parcourait sans relâcje l'univers.
Par amour de la liberté il n'apprit aucun métier faisant mille petits travaux par le monde.
Homme libre de la terre ton pays est ta planète et tous les hommes ta famille.
À mon grand ami, le poète et compositeur GABRIEL CHARPENTIER. Partie 1
1963.- Pour se débarasser de moi , les libéraux avaient réussi à me faire incarcérer trois mois pour mes activités amourajeuses. Ces trois mois de prison se sont traduits par un retour à la religion. À ma sortie, j'ai travaillé une année à la Dominion Textile, à Magog. J'essayais aussi sous l'impulsion de la pièce, El Condor, de créer mon propre mouvement religieux. Les Disciples de la Croix n'ont pas fait long feu. Le temps de rencontrer un petit gars qui m'incendie l`âme. Durant cette année, je demeurais avec mon père . J'apprenais à le connaître et à l'admirer. C'était un homme très généreux, aimant l'humour et la politique. Il travaillait à l'extérieur pour assurer la survie financière du magasin dont il était propriétaire à Barnston, depuis de nombreuses années. - 1 -
La veille de la fête du Canada, Bruno Hébert, a été intercepté par la police de Magog ,car il souhaitait se rendre à l'entrée du parc où se déroulait la fête du Canada , le lendemain à Magog, avec une pancarte, question de faire réfléchir les gens sur les motifs qui nous inciteraient à ne pas fêter le Canada en 2010. Il devait être accompagné d'un autre membre du Réseau de Résistance du Québécois.
« Il n'était pas question d'intimider ou de provoquer qui que ce soit, mais de permettre à ceux que ça intéressaient. de réfléchir sur l'opportunité d'une fête du Canada au Québec. Le Québec n'étant pas inclus dans la Constitution canadienne, celui n’en fait donc pas partie. Pourquoi alors fêter un pays dont on est pas citoyen ? », de demander M. Hébert.
Par ailleurs, lors de cette interception, la police de Magog (arrivée dans deux autos patrouille, comme si je venais de dévaliser une banque)a fait savoir à M. Hébert que la police locale considérerait cet évènement comme une forme de provocation , car il a des anglophones qui pourraient ne pas aimer ça. Ils l’ont averti qu’ils se saisiraient de ses pancartes et qu’il recevrait une amende .
Devant une telle situation, M. Hébert a décidé de ne pas exercer son droit démocratique de manifester pacifiquement. « Sommes-nous dans un état policier ?, de se demander M. Hébert.
M. Hébert a terminé en disant qu’il se demande qui provoque qui -- puisque . comme on le sait, les fêtes du fédéral sont une commandite fédérale, payée à même nos taxes. -- Le fait de tenir une fête du Canada au Québec, juste pour montrer la présence fédérale chez nous, c’est ça la vraie provocation.
M. Hébert est d'avis que tout le monde peut fêter ce qu'ils désirent, mais que nous avons aussi le droit de dire pourquoi nous ne voulons pas fêter le Canada.
Le temps d'agir, les éditions d'ici et d'ailleurs, Val-d'Or. Éditeur : Jean Ferguson.
LA TRAHISON DE ROBERT BOURASSA Le sénat est un luxe qui nous coûte une fortune et ne rapporte rien. Il est surprenant que le gouvernement Bourassa refuse d'exiger son abolition comme le souhaite certainement une bonne majorité de Québécois. Pourtant , dans les négociations sur l'entente du Lac Meech, M. Bourassa était encore prêt à trahir le Québec pour sauver le Canada. J'ai fait parvenir la lettre suivante qui n'a pas été publiée elle aussi : « Si vous avez encore le moindre respect pour le mot démocratie, vous déclencherez des élections référendaires, cet automne, avant de participer à une deuxième ronde constitutionnelle. Le temps nous confirme qu'en vous rendant à Ottawa, vous avez trahi le mandat que vous avez confiez à l'Assemblée nationale , en acceptant de diluer la notion de « société distincte » , grâce à un avis juridique. En plus, sans en avoir le mandat, vous vous êtes engagé à discuter des points vitaux concernant l'avenir du Québec : 1- Le sénat. Cela engage directement notre poids politique à l'intérieur du Canada. Le sénat devrait disparaître ou être élu, car c'rest une dépense inutile d'un million par année. 2- La clause Canada ( la capacité d'Ottawa d'intervenir en matière linguistique au Québec) 3- Le sort des minorités. L'obstruction à l'accord du Lac Meech repose fondamentalement sur l'intention du Canada à mettre le Québec à sa place en matière linguistique. Puisque vous n'avez pas de mandat dans ce domaine et que vous avez fait votre lit dans le nid fédéraliste ( allant jusqu'à l'imposer, sous prétexte que vous êtes en autorité de prendre les décisions ), seules des élections référendaires pourraient assurer un régime démocratique. Si vos positions ne représentent plus celle de la majorité des Québécois, vous devez, en appeler au peuple. Nous ne sommes pas en dictature. De plus en parlant de vote pour le sénat, vous prenez les Québécois pour sept millions de crétins. car, après trois ans, le gouvernement fédéral peut agir de façon unilatérale. Il n'y a qu'un moyen de manifester un minimum de respect des Québécois : une élection. S'ils partagent vos vues, ils vous rééliront ... »
LA COUR SUPRÊME = UN RÉGIME POLICIER
La Cour Suprême est devenue plus importante que le Parlement, même si personne n'est élu. Cette Cour dicte notre façon de vivre et nous impose ses valeurs. J'ai aussi décrié cette institution qui nous porte à croire que nous vivons dans un régime policier. Voici ce texte refusé : « Je suis étonné , Mme Castairs, que vous préconisiez que l'entente du Lac Meech, soit d'abord interprétée par la Cour Suprême. Le Canada est-il dirigé par la Cour Suprême ou par le gouvernement fédéral et celui des provinces ? La fameuse clause de «société distincte» ressemble aux lois de Robert Bourassa ( 22 et 178) : elles ont un titre ronflant et un texte qui contredit le but annoncé dans le titre. La loi 22 annonçait que le Québec serait français... mais si l'on en juge par la décision de la Cour Suprême concernant Rouyn-Noranda, le Québec est encore bilingue puisqu'aucune loi n'est constitutionnelle si elle n'est pas traduite de façon à être en français et en anglais. Ce cas s'appliquera-t-il aussi à Sault-Ste-Marie ? Il est surprenant de constater que le premier et le seul maître du pays n'est pas le parlement, comme le veut tout régime démocratique, mais la Cour Suprême, car elle peut rejeter une loi du parlement. Son rôle devrait pourtant consister seulement à interpréter les lois, informer les législateurs à savoir si elles sont conformes à ce que veut vraiment le législateur et à la tradition judicaire du pays afin de s'assurer qu'il n'y ait aucune distorsion dans l'interprétation que l'on fait de la loi et de la volonté réelle du législateur qui l'a créée. Le Parlement , si on ne vit pas dans un régime policier dont les vrais patrons sont les juges de la Cour Suprême, doit légiférer , orienter la vie en société. La Cour ne doit veiller qu'à ce que les lois ne se contredisent pas et ne contredisent pas les voeux du parlement. Les juges ne sont pas élus. Ils n'ont aucun droit de décision. Ils sont là pour interpréter , voir à ce que les lois soient claires et cohérentes . Rien de plus. Pourquoi la Cour Suprême remplace-t-elle le sénat ? LA CENSURE Être ainsi censuré, ne m'empêche pas de vivre, mais c'est frustrant et à mon sens fortement anti-démocratique. À quand le journal qui publiera quelques pages de lettres ouvertes pour donner la chance à tout le monde de d'exprimer.
Le temps d'agir, les éditions d'ici et d'ailleurs, Val-d'Or. Éditeur : Jean Ferguson.
L'hypocrisie de l'amour canadien...
Depuis quelques temps, nos amis du Canada anglais nous crient leur amour à travers les lettres ouvertes dans les journaux afin de contrer l'impression que les décalrations anti-Québec de leurs gouvernements et les manifestations anti-québécoises sont sporadiques et minoritaires. Pourtant, ce sont ces gestes à travers le Canada qui nous indiquent le véritable état d'esprit de la majorité canadienne à l'égard du Québec et du bilinguisme chez eux. Le seul geste d'amour qui pourrait nous toucher serait que vos gouvernements, dans un geste de générosité, accordent immédiatement et sans réserve les mêmes droits et privilèges, qui sont accordés aux anglophones du Québec aux francophones hors-Québec. Là, nous aurions une preuve tangible que des choses peuvent changer. Qu'attend l'Ontario pour se déclarer une province bilingue ? Malheureusement, nos journaux nous présentent toujours comme des racistes. Il serait temps que vous nous prouviez votre amour en forçant vos gouvernements à mieux traiter la majorité française. LA LIBERTÉ DE PRESSE N'EXISTE PAS.
Quand Pierre Bourgault a osé entrevoir que dans les premières années de l'indépendance une certaine censure devra peut-être être exercée pour éviter des campagnes de déstabilisation, M. Marcel Adam, éditoriatiste de LA PRESSE, a lâché des grands cris. Je lui ai fait parvenir une lettre d'opinion qu'il n'a jamais évidemment été publiée. En voici donc la teneur : « Je vous trouve bien hypocrite, comme porte -parole de Power Corp, de Paul Desmarais, de nous faire la leçon sur la liberté de presse. D'abord, un éditorialiste est toujours la marionnette de ses patrons. Et, nous savons tous que Paul Desmarais est contre l'Indépendance du Québec. En 1972, LA TRIBUNE de Sherbrooke m'a indirectement congédié en refusant de publier un dossier traitant d'un cas de patronage du parti Libéral dans l'Estrie. Toutes les preuves y étaient. On a même, à cette époque, essayé de me priver d'assurance-chômage , sous prétexte que j'avais démissionné. En fait, j'avais sommé le journal de publier le dossier ou sinon, d'accepter ma démission, car , je ne pouvais souscrire à une telle manipulation de l'information en faveur des libéraux. Dans la cause, au Cente de la main-d'oeuvre de Sherbrooke, les juges de la Commission ont reconnu que je n'avais pas le choix : je devais laisser mon emploi puisqu'à son avis, le journal ne respectait pas, s'il ne publiait pas le dossier litigieux, un élément qui me semblait essentiel à la démocratie : la liberté d'expression. C'était une question d'honnêteté intellectuelle. Je retrouve dans vos propos la malhonnêteté des hommes politiques des années 1970 où tout était fait pour confondre un mouvement de gauche (FLQ) avec le PQ. Deux groupes qui n'ont rien à voir ensemble. Ces journalistes et politiciens étaient de la même race que ceux qui se servent de l'économie pour faire peur aux Québécois. Power Corporation ne peut pas se vanter d'avoir toujours été le véhicule de la liberté de presse. Des dossiers prouvant sa manipulation de l'information sont très épais. J'ai moins peur de la liberté de presse dans un Québec indépendant qu'entre vos vos mains «idolâtres» du «fédéralisme à tout crin» . Vous jouez le jeu de la crise de la loi 178, de Meech et de son pendant la crise d'Oka, acceptée par le fédéral pour déstabiliser le Québec, en faisant passer le Québec pour un pays fasciste, en vous évertuant à défendre un fédéralisme qui nous a toujours historiquement desservi. Si vous croyez que les fédérastes ne peuvent pas se rendre plus loin, je vous assure que personnellement je n'en doute pas. J'avais averti des journaux que l'armée devait être au Québec cet été... je ne m'étais pas trompé, mais je n'avais pas pu prévenir le scénario indien ... Aussi, ne pas parler des publications (livres) faites au Québec, pour ne vous arrêter qu'aux titres venus de France, refuser de publier les lettres ouvertes, sous prétexte d'un manque d'espace, alors qu'il y a des dizaines de pages inutiles dans LA PRESSE, c'est aussi une forme de censure. Je serais surpris que vous publiez cette lettre, mais je la ferai connaître en temps opportun.»